Inauguré il y a deux ans à quelques pas des champs de bataille de Gravelotte, le nouveau musée de la Guerre de 1870 et de l’Annexion fait partie des sites Moselle Passion du Conseil Départemental. Il est le seul à aborder la première Annexion, une période riche en nuances qui a durablement marqué l’histoire de notre région. 
Casque-à-pointe-musée-de-Gravelote-(©-Département-de-la-Moselle---cliché-Mignot)

Casque à pointe d’officier d’infanterie (© Département de la Moselle-cliché Mignot)

Le bâtiment est majestueux et solennel. À l’intérieur, plus de 600 pièces, armes, uniformes, peintures, photos, objets divers ravivent le souvenir d’une période complexe souvent perçue comme malheureuse par les « Français de l’intérieur ».  À travers une mise scène moderne et dynamique, le musée évoque dans une perspective européenne l’histoire de ce terrible conflit souvent oublié et qui pourtant a bouleversé l’histoire européenne. La muséographie fait la part belle aux documentaires audiovisuels qui rythment la visite et donnent des pistes de compréhension du contexte politique, économique et social et complètent l’histoire racontée à travers les collections exposées. On aborde, bien entendu, les origines et le déroulement de la guerre, ses conséquences pour l’Allemagne et la France.  En 1870, éclate la guerre franco-prussienne qui entraîne la mort de près de 185 000 soldats français et prussiens (dont au moins 6 400 pour la seule bataille de Gravelotte le 18 août 1870) et se solde par la défaite française. La France dut céder en 1871 l’Alsace et le territoire de la Moselle actuelle à l’Empire allemand. L’Annexion allait durer 47 ans.  Le parcours propose plusieurs éclairages sur cette époque : la vie militaire, politique, économique, l’école, la presse, la permanence du souvenir de la France. Plus d’un siècle après les événements, l’exposition évoque l’histoire débarrassée des clichés patriotiques, notamment celui omniprésent dans l’imaginaire parisien d’une Alsace-Lorraine déchirée et en souffrance. On découvre ce qu’ont réellement vécu ces territoires annexés qui ne sont ni la France ni l’Allemagne. Le musée propose une vision très humaine et tout en nuances de cette période délicate. Malgré la politique de germanisation entreprise par Guillaume II (on en voit de nombreux exemples dans l’architecture de la ville de Metz par exemple), l’enseignement dans les écoles élémentaires est dispensé en français et certains titres de presse francophones continuent de paraître. Environ 120 000 personnes décident de quitter la région pour demeurer Français, mais ceux qui sont restés s’adaptent progressivement à leur nouvelle condition. L’intégration n’est pas parfaite, mais quand bien même, il faut continuer à vivre. Les Lorrains et Alsaciens nés après la guerre n’ont même jamais connu la France, ils n’en partagent que les souvenirs de leurs aînés.  Les dernières salles du musée évoquent la fin de l’Annexion et le retour de l’Alsace-Moselle dans le giron français en 1918, un rattachement aussi complexe que le fut la séparation. Les Alsaciens et Lorrains, soutenus par Robert Schuman, ont défendu bec et ongles les avantages sociaux dont ils bénéficiaient pendant l’Annexion. Le Concordat napoléonien et certaines lois allemandes sont ainsi restés en vigueur, notamment le régime juridique relevant du droit local d’Alsace-Moselle. Dès 1875, un musée était érigé à quelques centaines de mètres du champ de la sanglante bataille de Gravelotte pour commémorer le douloureux souvenir de la guerre, mais son histoire n’a pas été de tout repos ! Durant la seconde guerre mondiale, le musée est en grande partie détruit lors des combats livrés pour la libération de Metz. Reconstruit en 1955, il subit une vague de cambriolages et même un attentat perpétré en 1978 par le groupe anarchiste M.A.T.R.A. Dans les années 2000, le Conseil Départemental reprend la gestion et la rénovation complète du musée. En 2014, le nouveau musée de la guerre de 1870 et de l’Annexion ouvre ses portes dans une structure flambant neuve qui abrite des collections militaires, des peintures exceptionnelles dont certains fragments du panorama de Rezonville qui exaltent l’héroïsme des soldats pris au cœur de violents combats. Sa richesse et son intérêt exceptionnels lui ont valu le label Musée de France. 

www.mosellepassion.fr
Nouveaux tarifs : 5€, 3,50 € tarif réduit / gratuit pour les moins de 16 ans