De retour de Tokyo où il a décroché deux nouvelles médailles aux Jeux Paralympiques, le pongiste lorrain Maxime Thomas était de passage au siège de la BPALC, à Metz, pour évoquer son aventure au Pays du Soleil Levant, sa préparation et ses ambitions pour les prochains JO, à Paris en 2024.

Comment avez-vous vécu ces Jeux Paralympiques un peu… particuliers ? 

Le contexte était particulier, avec l’absence du public, de mes proches et les contraintes sanitaires renforcées, mais j’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir la compétition après 18 mois de sevrage. J’en ai pleinement profité, le niveau d’intensité était très élevé, l’organisation millimétrée et les infrastructures magnifiques. J’ai vécu ces Jeux à fond tant sur le plan sportif qu’émotionnel. Difficile de se jauger et de valider notre travail avec l’absence de confrontations, cela m’a beaucoup manqué, nous avancions un peu à l’aveugle avec toute mon équipe. 

Je savoure évidemment ces deux nouvelles médailles de bronze (en individuel et par équipe) qui représentent beaucoup de travail collectif même si je dois bien l’avouer j’aurai aimé aller chercher un autre métal. L’objectif est de transformer le bronze en or, à Paris. 

Vous détenez aujourd’hui 5 médailles olympiques (toutes de bronze), en quatre participations aux Jeux. Toutes ont la même saveur ? 

Chaque médaille a une saveur différente. Aujourd’hui, je suis de moins en moins attaché à la médaille en elle-même et beaucoup plus à ce qu’elle représente. Je me souviens qu’après les Jeux de Pékin, je ne la quittais pas. Aujourd’hui, je suis davantage dans le partage avec ma famille, mes amis, mes partenaires. Je suis davantage dans l’émotion.

La BPALC fait partie de vos partenaires. Comment définiriez-vous la relation qui vous lie ? 

La BPALC a été mon premier partenaire, elle est à mes côtés depuis 2007. Ce partenariat dépasse largement le cadre du soutien financier et même sportif, il représente beaucoup pour moi car il m’a permis de grandir en tant que sportif et en tant qu’homme. Depuis 2012, je suis fier d’être le parrain du Fonds ACEF pour la Solidarité initié par la banque afin de mieux lutter contre la perte d’autonomie. Pour moi, ce qui se joue avec la BPALC, c’est une véritable aventure humaine. Nous partageons des valeurs communes comme le dépassement de soi et le goût de la performance.

Parlez-nous un peu des coulisses de votre vie d’athlète. Quelle est l’équipe qui vous entoure ?

Mon équipe je l’ai construite au fil des années. Depuis 2019, elle arrive à maturité, elle est composée de deux entraîneurs, de deux préparateurs physiques, d’une préparatrice mentale, d’un accompagnateur de performance, d’un manager, d’une professeure de yoga, d’un kinésithérapeute, d’un ostéopathe, d’un médecin du sport et même d’une personne en charge de toute ma communication. Je me suis beaucoup inspiré, dans ce domaine, de ce qui se pratique dans les autres sports et particulièrement le tennis. Cette organisation me permet d’avoir un cadre bien défini pour m’épanouir dans ma carrière sportive, planifier et gérer mes saisons. Cela me permet aussi de me libérer d’une part de pression, je ne travaille plus seul et évite de m’enfermer dans une bulle ou dans une routine. Nous travaillons ensemble et ouverts les uns aux autres pour continuer à avancer et à progresser, chacun apportant sa vision et sa pierre à l’édifice dans le respect de mon ADN et de ce que je souhaite développer. Mes résultats à Tokyo ont validé ce que nous avons mis en place ces dernières années. Et l’ambition est de s’inscrire dans cette dynamique jusqu’au Jeux Paralympiques de 2024. D’ici là, ma priorité va être de participer à un maximum de compétitions internationales jusqu’aux Paralympiques de 2024 pour continuer à progresser et valider nos choix. J’attends d’ailleurs avec impatience la publication du calendrier international 2022. 

Vous avez évoqué la préparation mentale. Quelle place lui accordez-vous dans votre « préparation » ? 

J’ai commencé à travailler sur l’aspect mental de ma préparation en 2015. C’est encore récent mais c’est une dimension que j’explore avec beaucoup de plaisir et de curiosité. La préparation mentale occupe désormais une place centrale dans ma préparation, c’est un pilier de ma performance. J’ai beaucoup évolué en quelques années et cela m’a permis de construire ma compétition au Japon et de vivre l’instant comme jamais je ne l’avais fait auparavant.

Quelle place tient votre famille dans votre carrière d’athlète ? 

Ma famille représente tout pour moi. Je suis marié et père de deux enfants, tous mes choix sont partagés avec mon épouse. Récemment, j’ai modifié ma structure d’entraînement pour qu’elle soit plus adaptée et respectueuse de ma famille. J’optimise au maximum mon emploi du temps et ma charge de travail pour conserver un équilibre familial, sportif et professionnel. 

Vous avez bientôt 38 ans, comment préparez-vous l’après sport ?

En 2017, j’ai créé ma société MTH Consulting, pour préparer ma reconversion, je développe à titre accessoire à ma carrière sportive une activité de consultant RH en entreprise. Depuis 2019, j’ai la chance de bénéficier d’un emploi réservé aux sportifs de haut niveau au sein de l’INSEP, qui me permet d’être détaché en quasi-totalité pour ma préparation paralympique et de mettre en place un cursus de formation adapté à mes contraintes et à mon projet professionnel. J’ai notamment débuté une certification en quatre ans pour devenir enseignant en Hatha Yoga à l’école Française de Yoga Auvergne Rhône-Alpes et depuis la rentrée 2021, je prépare  un diplôme universitaire d’optimisation de la performance sportive, mention entraînement des ressources physiques et mentales à l’Université de Lorraine. Je vais également me former au sein de l’INSEP plus spécifiquement sur l’accompagnement et la préparation mentale. Mon après carrière est encore lointain… je ne me suis pas fixé de limite. Tant que je prendrai du plaisir à jouer et que je serai compétitif, je continuerai. Ce qui est certain, c’est que je n’entends pas cesser de bouger, de voyager et d’apprendre car c’est une grande source de richesses et d’équilibre. J’en ai besoin.