Marie Dupuy ©Droits Résevés

À 18 ans, Marie Dupuy a déjà un album de bande-dessinée à son actif. Et la Bitchoise ne compte pas s’arrêter là : elle a beaucoup d’idées pour la suite, et s’est engagée dans des études dans son art.

À la source d’Ammar Sa, fable écologiste créée par Marie Dupuy, il y a des histoires d’enfance encore vivaces : les premières bande-dessinées apportées par les grands frères, Tintin et Astérix pour les classiques, l’humour tout en finesse des britanniques Calvin & Hobbes, mais aussi les souvenirs du jardin familial entretenu avec amour par la maman. Les mangas et les films d’animation, dont ceux d’Hayao Miyazaki, empreints d’animisme et d’écologie, constituent également une grande source d’inspiration pour Marie. « Pour moi, son manga Nausicaä est une référence absolue, on retrouve dans Ammar Sa l’idée d’une nature en train de mourir, explique la jeune fille. Dans l’album, les esprits de la forêt réagissent et ce sont des adolescents qui malgré eux vont être liés à son sort : ils incarnent l’avenir ».

C’est en classe de troisième que germe l’idée. En seconde, Marie s’attelle aux story-boards. De nombreux week-ends et soirées de son année de terminale seront consacrés au dessin et à la mise en couleur, forcément luxuriante, qu’elle effectue à l’aquarelle avant le traitement par ordinateur. « Celui-ci n’est pas trop présent, car il donne un rendu trop lisse avec ma technique actuelle. L’aquarelle offre quelque chose de plus naturel ». Un travail long et exigeant pendant l’année décisive du Bac, ce qui n’empêchera pas Marie de décrocher une mention très bien. Après le lycée, pas d’hésitation : direction Iconograf, l’école strasbourgeoise spécialisée en bande-dessinée pour un cursus de trois ans. « J’apprends et je me perfectionne dans ce que j’aime faire, s’enthousiasme Marie. On nous encourage vraiment à développer notre style. »

Si elle compte entamer d’autres études à l’issue de son passage à Iconograf, ne se faisant pas d’illusion sur la rentabilité d’un métier d’auteur BD, Marie est bien décidée à poursuivre dans ce milieu et aller au bout de ce « défi » que constitue Ammar Sa : elle a déjà le scénario pour quatre autres tomes et imagine des récits parallèles. Avant cela, elle reprendra le premier tome après s’être perfectionnée, pour donner une cohérence à sa série. « La suite sera plus sombre. Ce n’est pas une œuvre pour les enfants, plutôt les adolescents, décrit-elle. Les personnages vont grandir, ce sera intéressant d’observer leur évolution ». Tout comme celle de cette auteur prometteuse.