Le guitariste Marc Léonard a une histoire à nous raconter, faite d’amitiés, de rencontres et d’influences diverses. Son titre : Éclair, son premier album, tout entier porté par une énergie positive et un feeling réjouissant, entre jazz, bossa-nova, ballades, avec des touches de rock et de chanson.

Plonger dans les coulisses d’une œuvre peut apporter à celle-ci un supplément d’âme, une émotion qui nous permet de l’appréhender différemment. C’est le cas d’un disque comme Éclair, le premier album de Marc Léonard. Le guitariste lorrain aura attendu quarante ans pour livrer ce premier opus : le temps de nombreuses expériences et rencontres et d’une longue période loin de la scène. Tout débute à la fin des années 70 : Marc Léonard rencontre le bassiste Guy Schneider au sein du Big band du Conservatoire de Metz, puis le batteur Michel Altmayer. Ils montent un trio jazz et un sextet, c’est l’époque des concerts et d’une inoubliable tournée avec Hal Singer, le saxophoniste de Duke Ellington. En 1987, Marc Léonard raccroche sa guitare : cap sur Toulouse pour administrer le Big Band 31 et le festival Jazz sur son 31, puis direction Nancy pour participer à la création des productions Label LN et prendre la direction du Festival international de guitare de Vittel.

Le retour à la scène, après presque trente années d’interruption, se fera grâce à un grand monsieur : en 2015, le violoniste Didier Lockwood invite Marc à l’accompagner sur les planches du Théâtre municipal de Thionville. « Didier m’a encouragé à reprendre ma guitare : mon premier coup de fil a été pour Guy Schneider » raconte Marc. Michel Altmayer rejoint également l’aventure pour compléter la cheville ouvrière du nouveau groupe, baptisé Harpagia, et co-produire le premier opus. « La symbiose a été immédiate sur ce qui est avant tout un album de guitare, mais traversé par la sensibilité de tous » indique le guitariste. Composé en grande partie par Marc, Éclair nous fait voyager à travers l’histoire et l’esprit du jazz, mais aussi la vie de son leader et de ses amis. Un voyage plein de variations et de surprises : dès l’entame, on est happés par la mélodie et le texte joueur de la chanteuse Julie Pagnotta sur Springtime, clin d’oeil au compositeur Michel Legrand. « Éclair n’est pas un album spectaculaire, il est basé sur les mélodies : si on me dit que le thème reste en tête, je suis heureux ! » explique Marc.

À chaque piste, changement de décor : jazz be-bop sur BBB (avec l’appartition du bassiste Thadée Sarter), torpeur brésilienne sur Bossamar, dentelle de cordes sur Côté fenêtre et Always à la guitare solo… ou encore la très belle réunion sur Blue, morceau tout en crescendo, transpirant le fun et le feeling. Cette composition de Michel Altmayer datant de 1982, que ce dernier a exhumé de ses archives à la demande de Marc, est un joli symbole de complicité. « C’était un morceau que l’on répétait à l’époque avec Guy et le pianiste Loris Binot, que j’ai recontacté pour réunir sur ce titre le groupe des origines » explique Marc. Enregistré dans les conditions du live, avec cette guitare saturée à la Santana qui s’invite à mi-chemin, Blue est un vrai terrain de jeu jazzy où dialoguent les solos.

D’autre invités surgissent sur Éclair : le batteur Enguerran Altmayer ou les chanteuses Françoise Markun et Isabelle Lorelli, avec Julie Pagnotta sur Syracuse, une reprise d’Henri Salvador qui succède à l’autre cover du disque, Four du légendaire Miles Davis. « On passe du swing pur à un morceau presque variété, un peu comme si on allait d’un bout à l’autre du spectre jazz : ça correspond bien à l’esprit de notre album » indique Marc. Les musiciens ont pris beaucoup de plaisir à se retrouver pour donner naissance au disque accrocheur et empli d’énergie que constitue Éclair ; cela s’entend à chaque note, et c’est aussi pour cela qu’il nous touche. » 

www.marc-leonard.fr

En concert le 18 septembre à la Halle Verrière de Meisenthal

et le 8 octobre à l’Atrium de Woippy.