SORTIE LE 12 AOÛT 2020

Dix ans après son mockumentaire I’m Still Here, le comédien Casey Affleck est de retour derrière la caméra avec Light of My Life. Il y interprète un père qui doit protéger sa fille dans un monde où une mystérieuse pandémie a décimé presque toutes les femmes de la planète.

Un monde sans femmes. On n’ose même pas l’imaginer. Sauf si l’on s’appelle Casey Affleck, qui a décidé d’en faire le socle de son deuxième long-métrage, après I’m Still Here (2010), un vrai faux documentaire sur la carrière de rappeur de Joaquin Phoenix, qui avait fait plus de bruit avant qu’après sa diffusion. Longtemps dans l’ombre de son frère, le comédien Ben Affleck, le natif de Falmouth s’était révélé au public avec son rôle bouleversant dans Manchester By The Sea, film sur le deuil, sensible et réaliste, qui lui avait valu l’Oscar du meilleur acteur en 2017. Il y interprétait un homme issu de la classe ouvrière qui devenait, après la mort de son frère, le tuteur de son neveu.

Pour son dernier projet, Light of My Life, qu’il a également écrit et co-produit, on reste dans la famille. Il y endosse cette fois le rôle d’un père bien décidé à protéger sa fille (allant jusqu’à la faire passer pour un garçon) dans un monde où les femmes, victimes d’une pandémie, ont été rayées de la carte. Ce drame post-apocalyptique épuré, contemplatif et poétique par moments, bénéficie de la belle alchimie Casey Affleck est parfait dans la peau de ce père qui n’aura de cesse de vouloir préserver l’enfance de sa filleentre l’acteur-cinéaste et sa jeune partenaire à l’écran, la Canadienne Anna Pniowsky, qui marque les esprits dans la peau de Rag. Si cette dernière a été miraculeusement épargnée, c’est parce qu’elle est venue au monde alors que le virus sournois tirait sa révérence.

Dans ce récit familial intime, qui n’est pas sans rappeler des productions comme Les fils de l’homme (2006) ou La route (2009), le tandem fusionnel tentera de conserver le lien inaltérable qui l’unit, alors que tout s’effondre autour de lui. Il devra survivre dans un monde impitoyable, ramené à sa masculinité primitive, où l’homme est devenu un loup pour la femme. Casey Affleck est parfait dans la peau de ce père qui n’aura de cesse de vouloir préserver l’enfance de sa fille, tout en lui inculquant de nombreuses règles de survie, au cas où. Il faut également mentionner la présence de l’actrice Elisabeth Moss (l’héroïne de la série The Handmaid’s Tale, que l’on a pu voir récemment dans Invisible Man), qui joue l’épouse du héros et apparaît lors de flashbacks, lesquels permettent au passage d’apporter un éclairage sur l’histoire.

Le film, servi par la superbe photographie d’Adam Arkapaw (Assassin’s Creed, Animal Kingdom), et la non moins superbe musique de Daniel Hart (auteur de la trame sonore de A Ghost Story, drame fantastique où Casey Affleck y tenait le rôle principal), devrait plaire aux amateurs de cinéma indépendant, mais rebuter ceux qui sont allergiques aux longs dialogues, aux errances et autres silences. On vous aura prévenus.


Sale temps  pour les blockbusters

Les fans de films à gros budgets vont devoir s’armer de patience en ces temps chamboulés par le coronavirus. Depuis le début de la pandémie, on ne compte plus les dates de sortie repoussées. Disney a ainsi remis à plus tard plusieurs de ses blockbusters, notamment La veuve noire (avec dans le rôle titre Scarlett Johansson) et Eternals, 25e long-métrage de la franchise Marvel, qui s’inscrit après les événements d’Avengers : Endgame. La programmation des suites de Thor et de Docteur Strange a également souffert du contexte actuel. Même le très attendu Tenet de Christopher Nolan, annoncé le 12 août, a été reporté sine die. D’autres longs-métrages ont été retardés mais maintenus cette année, mais avec là aussi le spectre d’un nouveau report. La suite de Wonder Woman en fait partie. Le second volet des aventures de la super-héroïne de l’univers DC Comics, qui se déroule durant les années 80, est espéré fin septembre. En théorie. Un mot très à la mode en cette période de flou total.