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Selon le Conseil économique et social (CES) du Luxembourg, le Grand-duché devrait prendre davantage soin de ses « frontaliers ».

« La Grande Région et le phénomène du travail transfrontalier revêtent pour l’économie luxembourgeoise une importance telle que le Conseil économique et social (CES) a estimé devoir y consacrer une série d’avis dont le présent texte constitue la base », peut-on lire dans l’Avis (disponible en ligne : ces.public.lu) consacré par le Conseil Economique et Social du Luxembourg au phénomène transfrontalier. On y apprend notamment, qu’à l’heure actuelle, 200.000 personnes franchissent les différentes frontières du pays pour venir y travailler. En 2019, la moitié des frontaliers vient de France. Et, selon les calculs du CES, d’ici 2035 s’ajouteront encore de 50 000 à 85 000 travailleurs supplémentaires en provenance des trois pays voisins. Et pour satisfaire à ce besoin en matière grise et donc assurer sa compétitivité, le Grand-duché va devoir aller chercher les bons profils toujours plus loin, comprendre au-delà de Metz pour les Lorrains. D’où la nécessité, selon le CES et son président Jean-Jacques Rommes, de mieux « soigner » les frontaliers. Des dossiers comme le télétravail ou une harmonisation des cadres juridiques doivent faire l’objet de négociations et de discussions entre les pays concernés, à l’échelon de la Grande Région. À noter également que l’apport des frontaliers à l’économie grand-ducale a des « facettes » très concrètes. Ils dépensent 17% de leur revenu brut au Luxembourg, selon la Banque Centrale du Luxembourg citée dans l’avis, soit tout de même 2 milliards d’euros par an. Cela signifie, aussi, que les frontaliers lorrains (soit environ 100.000 salariés) dépensent beaucoup plus de milliards encore là où ils résident, s’empresseront de préciser ceux qui ne goûtent guère les approches de certains élus, comme le maire de Metz, par exemple, qui plaident pour une rétrocession fiscale. Le CES entend prochainement donner son « avis » sur la question.