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Le 6 juin dernier est sorti le dernier numéro du Jeudi, hebdomadaire francophone, publié au Luxembourg, depuis 22 ans.

Stop. Le Jeudi, s’est terminé. Ainsi en a décidé Editpress, la société éditrice du Jeudi mais également du quotidien Tageblatt. L’entreprise détient aussi des participations dans Le Quotidien, L’Essentiel et le magazine Revue, notamment. Dans un communiqué, la direction du groupe (dirigé par Jean-Lou Siweck depuis mars 2018) explique que cette décision est dictée par la concurrence exercée par la presse en ligne et la diminution des revenus publicitaires qui n’ont pas été compensées par la hausse des abonnements. Le Jeudi était le seul hebdomadaire en langue française du Luxembourg. Il annonçait 27.000 lecteurs par semaine pour un tirage de 12.000 exemplaires. L’équipe se composait d’une douzaine de salariés. « Conscient de la responsabilité sociale de l’entreprise, la direction d’Editpress entrera en discussions avec la délégation du personnel et le syndicat représentatif dans la société », indiquait Editpress le 4 juin, dans un communiqué. Pas inutile de rappeler en la matière que l’actionnaire principal de la maison ce sont les syndicats (de gauche). Et ces derniers n’ont pas forcément brillé par leur « élégance » ou leur « humanité » en ce qui concerne la méthode adoptée pour informer la rédaction de la fin de l’histoire. Du jour au lendemain, les journalistes ont été invités à rester chez eux et leurs messageries professionnelles ont été coupées. « Moi, je croyais, que le rôle d’un syndicat de gauche, c’était de lutter pour la liberté d’expression, voilà qu’il participe activement au licenciement de journalistes… Cela entrera comme tel dans l’histoire de la presse de notre pays. Si un autre patron quelconque n’avait fait que le dixième de ce que le Conseil d’administration d’Editpress a décidé, ces mêmes syndicats auraient crié au scandale », a notamment écrit Jean Portante, l’un des anciens rédacteurs en chef du titre, sur Facebook.