Nicolas Schmit© DR Gouvernement.lu

Ce n’est plus le pays de résidence qui versera les indemnités chômage mais le pays où le salarié a travaillé et payé ses impôts. Ainsi en ont décidé les ministres du Travail de l’UE, courant juin. Le Luxembourg a obtenu un sursis.

La nouvelle donne ravit certains pays, à commencer par la France, mais elle fait « mal » à d’autres, comme le Luxembourg. Selon une étude d’impact réalisée par la Commission européenne, cette mesure pourrait coûter 86 millions d’euros par an au Luxembourg. Mais ce n’est pas tant l’argent qui pose problème que les conséquences sur le plan administratif, à en croire le Grand-duché. « Passer de 16.000 à 26.000 voire près de 30.000 demandeurs d’emplois, c’est un saut quantitatif qui nécessiterait un saut qualitatif important que nous sommes incapables de réaliser dans un temps actuellement prévu de deux ans », a indiqué le ministre du Travail et de l’Emploi Nicolas Schmit, sur rtl.lu. Compte tenu l‘importance du travail frontalier (45 % des travailleurs), le Luxembourg disposera de 7 ans pour assurer la prise en charge totale des indemnités (malgré l’opposition de la France) avec une « montée en puissance progressive ». La « compensation financière » de trois mois d’indemnités chômage par demandeur d’emploi, actuellement versée par le Luxembourg, passera donc à 5 mois avant d’augmenter encore progressivement pour atteindre 100 % dans 7 ans. À noter que les règles en matière d’indemnisation sont différentes entre la France et le Luxembourg. Au Luxembourg, les allocations de chômage sont limitées à douze mois et s’élèvent à 80 % du salaire brut avec un plafond à 5 000 euros environ. En France, les indemnités de chômage s’étendent sur 24 mois mais correspondant à 57 % du salaire journalier de référence. Le demandeur d’emploi devra également se plier aux exigences de l’Adem qui pourraient évoluer (se durcir ?) avec le temps. Le règlement doit encore être adopté par le Parlement européen. Un autre voisin du Grand Est doit encore se prononcer sur ces règles, la Suisse, qui n’est pas obligée de reprendre ces règles de l’UE à son compte.