Chaque année, l’Inspection générale de la sécurité sociale (IGSS) propose un bilan couvrant les principaux aspects de l’absentéisme pour cause de maladie. En 2020, son taux a progressé de 17,8 %, attisé par la crise sanitaire.

L’absentéisme (nombre de jours d’absence rapporté au nombre de jours d’occupation) est passé de 3,88 % en 2019 à 4,58 %, en 2020, soit une hausse de +17,8 %. L’ampleur de cette augmentation se retrouve aussi bien dans l’évolution du taux de courte durée (absences de moins de 21 jours) que dans celle du taux de longue durée. « Il résulte clairement de ce bilan que la pandémie de COVID-19 est le facteur principal d’une hausse de 18 % du taux d’absentéisme », a commenté le ministre Romain Schneider, ministre de la Sécurité Sociale, lors d’une conférence de presse. « Derrière cette augmentation de l’absentéisme se cachent cependant une multitude de facteurs qui ont agi dans des sens différents et qui rendent, de ce fait, la lecture des données particulièrement complexe », concède l’IGSS. Parmi les principaux facteurs figurent ceux qui relèvent directement de la maladie induite par le coronavirus (mesures de quarantaine et d’isolement, symptômes de la maladie…) ainsi que les mesures mises en œuvre par le gouvernement en vue de contrer la propagation du virus : mesures de chômage partiel, congé pour raisons familiales (CPRF) et généralisation du télétravail. Au niveau sectoriel, les indicateurs utilisés affichent cette année encore une forte hétérogénéité qui s’explique par les conditions de travail et par la structure de la main-d’œuvre. Ainsi, le taux d’absentéisme 2020 se situe entre 2,29 % (Activités financières et d’assurance) et 6,15 % (Santé humaine et action sociale). Le coût direct de l’absentéisme passe, entre 2019 et 2020, de 775,3 millions d’euros à 900,8 millions d’euros (+16,2 %), représentant ainsi 3,1 % de la rémunération totale des salariés. En 2021, les données (provisoires) indiquent que le taux d’absentéisme reste à un niveau élevé mais bien en deçà des valeurs observées en mars-avril 2020.