Magaritis Schinas ©DR

Spontanément, d’aucuns pourraient penser que la traite des êtres humains n’est pas vraiment un sujet en Europe. Les chiffres disent autre chose. La Commission européenne se dote d’une nouvelle stratégie. 

Entre 2017 et 2018, la traite des êtres humains a fait plus de 14.000 victimes dans l’Union européenne. À l’échelle mondiale, les bénéfices réalisés par les trafiquants sont estimés à 29,4 milliards d’euros en une seule année. « La traite des êtres humains est une forme de criminalité qui ne devrait pas avoir sa place dans nos sociétés. Pourtant, des criminels continuent de se livrer à la traite des êtres humains, les victimes en étant principalement des femmes et des enfants, le plus souvent à des fins d’exploitation sexuelle », indique Ylva Johansson, commissaire aux affaires intérieures. La Commission a présenté, courant avril, sa nouvelle stratégie visant à lutter contre la traite des êtres humains (2021-2025), qui met l’accent sur la prévention de cette forme de criminalité, la traduction en justice des trafiquants et la protection et l’autonomisation des victimes. Au registre des priorités, il est question de réduire la demande qui alimente la traite des êtres humain, de briser le modèle économique des trafiquants, en ligne et hors ligne, de protéger et de soutenir les victimes en accordant une attention particulière aux femmes et aux enfants ou bien encore de favoriser la coopération internationale. « Avec la stratégie présentée (aujourd’hui), nous adoptons une approche comportant trois volets, en utilisant en parallèle la législation, les politiques et le soutien opérationnel ainsi que le financement pour réduire la demande, démanteler les activités criminelles et donner des moyens d’agir aux victimes de ce crime abominable », précise Margaritis Schinas, vice-président chargé de la promotion de notre mode de vie européen.