Son Lux © Droits Réservés

Avec Brighter wounds, son sixième album, Ryan Lott préserve l’émotion et le minimalisme de son projet électro-pop Son Lux. Ses collages entre culture classique et esprit de beatmaking font toujours fonctionner conjointement son univers, traversé de sons entre rêve et réalité.

L’éducation musicale de Ryan Lott s’est d’abord forgée dans la discipline d’un apprentissage classique du piano, avant de dériver dans de nombreuses directions. Après des études de composition, il travaille pour des compagnies de danse, peaufinant son goût et son talent pour créer des atmosphères sonores enveloppantes et évocatrices. De la même façon, son travail pour la publicité l’aide de son propre aveu à enrichir sa culture musicale et à s’imposer un rythme de travail soutenu. Par la suite, et après la sortie de son premier album At War with walls and mazes en 2008, il multipliera les collaborations avec le cinéma (les films Looper ou La Disparition d’Eleanor Rigby) et notamment dans le domaine du hip-hop aux côtés de Serengeti ou Beans du label Anticon, qui a signé son premier opus.

Au fil des ans et d’une reconnaissance aujourd’hui acquise, Ryan Lott a toujours maintenu le cap au fil de ses six albums : la musique de Son Lux est parcourue de sons planants, de fragments électroniques tantôt bruts, tantôt œuvres d’orfèvre, et de ce piano qui rappelle la synthèse effectuée entre éducation classique et découverte de soi grâce à l’outil électronique. Éminemment cinématographique, la musique de Son Lux a cette capacité à évoquer des images, à construire des atmosphères en perpétuelle évolution, à mi-chemin entre le grandiose et l’intime. Elle est le reflet des doutes et des questionnements d’un artiste qui a dès ses débuts pris le micro pour poser sa voix et ses mots sur sa musique ; une nécessité pour Ryan Lott qui ne s’était jamais destiné à se faire chanteur. Une voix vibrante, qui se brise ou s’élève, loin de toute virtuosité, plus proche de nous. Entre-temps, il a partagé le micro avec d’autres artistes et a franchi un cap avec l’album Bones en 2015 en s’entourant du batteur Ian Chang et du guitariste Rafiq Bhatia. Considérés comme des membres à part entière de Son Lux, ils viennent ajouter une certaine densité au son du groupe, sans changer fondamentalement son identité.

En studio comme en concert, Son Lux se nourrit de ces collaborations et reste profondément connecté au présent tout en se questionnant sur le passé et l’avenir. Sur Brighter wounds, Ryan Lott évoque indirectement les conflits sociaux qui agitent son pays, les États-Unis, depuis l’élection de Trump. Sa paternité récente l’amène également à s’interroger d’autant plus sur l’avenir. Gracieuse, habitée, parfois mélodramatique, la musique de Son Lux se ressent avec force aussi bien à travers les mots que les collages et bricolages sonores qui font de la formation une valeur sûre de la scène électro-pop mondiale, capable de nous emmener très loin.

Le 25 septembre
à la Rockhal d’Esch-sur-Alzette
www.rockhal.lu