Professeur à CentraleSupélec Metz, Marc Sciamanna crée en 2017 la chaire photonique. Cette structure unique en France se veut plus qu’un classique laboratoire de recherches et veut connecter le grand public aux sciences et technologies liées à la lumière.

La passion pour la photonique lui a été transmise au cours de son cursus universitaire dans les années 2000 par un autre professeur. Depuis, Marc Sciamanna n’a de cesse de transmettre la flamme qu’il nourrit de ses nombreux travaux régulièrement récompensés par des prix prestigieux : « Dans un laboratoire de recherche, on vise l’excellence mais ce n’est pas parce que l’on a atteint cet objectif que l’on a impacté le public et les étudiants qui souhaitent devenir les innovateurs de demain. A donc germé l’idée de transformer les missions du laboratoire en des missions centrées sur le citoyen pour lui faire appréhender ce qu’est la photonique. Nous voulons également dynamiser la formation de nos élèves et être au plus près des préoccupations industrielles. Nous avons créé la chaire dans cet esprit-là. Notre démarche est proche de celle d’une start-up mais pour l’instant, nous n’avons que le mot photonique à « vendre » ».

Mais derrière ce mot se cache du savoir-faire, une infinité d’applications possibles et une alternative à l’électronique qui incite à repenser la physique : « L’électron est la particule élémentaire du courant électrique. On pensait que le courant allait pouvoir effectuer les opérations dont on a besoin pour stocker les informations, communiquer, échanger. Or, le photon, particule élémentaire de la lumière, peut remplacer progressivement l’électron. » La photonique intéresse les télécoms à travers la fibre optique, le multimédia, l’éclairage à basse consommation, l’énergie solaire, la santé… Pour Marc Sciamanna, il ne fait aucun doute que la photonique est l’avenir : « La France n’a pas encore mesuré l’impact du sujet. En revanche, au niveau du Département et de la Ville, on a saisi cette importance. On est sur un objet unique, on navigue en terre inconnue. Des tas de projets sont sur le feu, des projets déments. On souhaite s’inscrire auprès du Département dans sa logique de marque Moselle sans limite car on pense que l’on est en soi un vecteur d’attractivité. »

Le projet de chaire, prolongé initialement jusqu’en 2020, a embrassé d’importants partenariats notamment le Département de la Moselle, Metz Métropole, la région Grand-Est, l’Union Européenne et le groupe industriel Airbus. À partir de la rentrée 2018, les cours de spécialisation photonique de la formation ingénieur seront exclusivement dispensés à Metz.

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