SORTIE LE 31 OCTOBRE

Dix-sept ans après la mort de son chanteur et leader charismatique, le mythique groupe Queen a droit aux honneurs du cinéma. Le biopic, qui emprunte son titre à l’un des morceaux les plus célèbres de la formation britannique, Bohemian Rhapsody, est porté par Rami Malek, qui a la lourde tâche d’incarner Freddie Mercury.

Ce devait être Sacha Baron Cohen (Borat), mais c’est finalement Rami Malek qui a décroché le pompon. Dans Bohemian Rhapsody, le personnage principal de la série Mr Robot se glisse dans la peau d’un monument de la musique : Freddie Mercury. On a connu des costumes plus légers à endosser. Cette pression qu’on imagine immense sur ses épaules n’a pas empêché l’Américain de s’investir totalement dans son personnage, malgré un physique chétif qui a du mal à convaincre à l’écran. Pour le reste, tout y est : phrasé, gestuelle, tenue moulante, moustache et dentition proéminente (grâce à une prothèse). Le film, coproduit par Brian May et Roger Taylor, guitariste et batteur de Queen, qui ont veillé au grain – n’écartant pas les controverses liées au chanteur sans toutefois franchir les limites de la bienséance – suit la carrière de la formation britannique de ses débuts jusqu’à son concert emblématique au Live Aid de 1985, dans un stade de Wembley chauffé àEntamé il y a plus de 10 ans, ce projet n’aura pas été une sinécure.blanc. Six ans avant la disparition de son leader, emporté par le sida.

Entamé il y a plus de 10 ans, ce projet n’aura pas été une sinécure. À la volonté des membres du groupe de ne pas trahir la mémoire de leur ami disparu, est venu s’ajouter un tournage compliqué. Outre Cohen, qui a claqué la porte suite à des divergences sur la mise en scène, très classique dans sa mouture finale, le réalisateur Bryan Singer a dû être remplacé par Dexter Fletcher (Eddie The Eagle), après avoir été accusé d’agression sexuelle sur un mineur. Côté casting, si Rami Malek s’avère habité par le rôle de Farrokh Bulsara – la véritable identité de Freddie Mercury (né sur l’île de Zanzibar au large de la Tanzanie) – les acteurs Gwilym Lee et Ben Hardy soutiennent eux aussi la comparaison en devenant à l’écran Brian May et Roger Taylor. Il faut aussi mentionner la présence de la comédienne Lucy Boynton (Le crime de l’Orient Express), qui prend les traits de Mary Austin, femme avec laquelle l’électrisant leader de Queen vivra une grande histoire d’amour avant de révéler son homosexualité (ils resteront d’ailleurs en très bons termes, son amie continuant à lui rendre visite durant sa maladie).

Et puisque ce biopic plonge le spectateur dans l’intimité de l’interprète de l’inusable We Are The champions, si cher à l’équipe de France de football, championne du monde chez elle en 1998, on ne résiste pas à l’envie de vous partager deux anecdotes, à commencer par la passion de Mercury pour les chats, qu’il chérissait comme ses enfants, au point de donner le nom de son préféré, Delilah, à l’une des chansons parue sur l’album Innuendo, sorti en 1991. Le charismatique chanteur avait aussi la fibre artistique. Diplômé d’une école des beaux-arts à Londres, c’est lui qui avait créé le logo de Queen, regroupant les signes astrologiques des membres de Queen.


L’EMBLÈME DE QUEEN

Apparue sur l’album A Night At The Opera (le plus cher jamais produit à l’époque), la chanson qui sert de titre au biopic avait de quoi dérouter lors de sa sortie en 1975. L’étrange structure de Bohemian Rhapsody, avec des ruptures de rythmes très marquées et l’absence de refrain, y est pour beaucoup. Techniquement parlant, cet opéra-rock mixant arrangements a cappella et hard rock a donné du fil à retordre à Freddie Mercury et sa bande, comme on peut d’ailleurs le voir dans le long-métrage livré par la Fox. Ce qui deviendra un des titres phares de Queen aura nécessité pas moins de 6 semaines d’enregistrement, avec plus de 180 pistes à l’arrivée pour les voix et les instruments ! Jamais enregistré en live, l’introduction étant trop complexe à reproduire, ce chef d’œuvre du 20e siècle était aussi pour Freddie Mercury une manière d’avouer implicitement son homosexualité, comme l’a révélé un de ses proches paroliers. Lors de sa sortie, le tube était accompagné d’une vidéo promotionnelle, ce qui était inédit à l’époque.