Si tu meurs à 80 ans, tu n’es personne. Si tu meurs à 20 ans, alors tu es une légende. Avec ce roman, Piranhas aux éditions Gallimard, Roberto Saviano raconte comment des bandes de gamins dirigent aujourd’hui des organisations criminelles, à Naples. Mais aussi ailleurs.

Roberto Saviano, c’est l’auteur de Gomorra, une enquête sur la mafia napolitaine qui lui vaut aujourd’hui de vivre sous « protection » car menacé de mort par les clans qu’il a mis dans la lumière. Il s’est également récemment illustré pour avoir traité, Matteo Salvini, le ministre de l’Intérieur, pour sa politique migratoire, de « bouffon ». Avec Piranhas, Roberto Saviano renoue avec Naples pour évoquer un nouveau phénomène criminel : les baby-gangs. C’est un roman mais enraciné dans la réalité. Les baby-gangs, ce sont ces jeunes Napolitains, de 10 à 18 ans, qui se déplacent en scooter, une arme dans la poche. « Leurs modèles sont les super-héros et les parrains de la camorra. Leurs valeurs, l’argent et le pouvoir. Ils ne craignent ni la prison ni la mort, mais une vie ordinaire comme celle de leurs parents ». Justes et injustes, bons et mauvais, peu importe. La seule distinction qui vaille est celle qui différencie les forts et les faibles. Pas question de se tromper de côté : il faut fréquenter les bons endroits, se lancer dans le trafic de drogue, occuper les places laissées vacantes par les anciens mafieux et conquérir la ville, quel qu’en soit le prix à payer. « Ils ont le choix entre une vie longue passée dans la pauvreté ou une vie brève mais qui leur garantit pouvoir et argent », explique l’auteur « et tout cet argent et ce pouvoir doit les aider à frimer sur les réseaux sociaux ». Ils sont à Naples mais d’autres arpentent les rues de New York, de Rio… « La structure des grandes organisations criminelles est en mutation. Elle est aujourd’hui entre les mains d’enfants, de très jeunes enfants… »