grue-travaux-publics (© DR)Le 10 mars dernier, les professionnels du TP sont descendus dans la rue pour partager leurs craintes quant à l’avenir et sommer les donneurs d’ordre de relancer les investissements. La situation est effectivement compliquée. « En ce qui me concerne, mon chiffre d’affaires a reculé d’environ 30% en 2014. Les commandes publiques ont chuté d’environ 50%. Je comptais 40 salariés l’an dernier, nous sommes aujourd’hui 32. Et si la situation ne se débloque pas très vite, je serai contraint de licencier à nouveau, très bientôt », précise Daniel Riwan, le patron de la SLEE (Société lorraine d’entreprises électriques), une PME spécialisée dans les travaux électriques et l’enfouissement de réseaux, installée à Guénange. « Dans la région, le chiffre d’affaires des entreprises a baissé, en moyenne de 15%, l’an dernier, alors que les emplois ont reculé de 6 à 7%. Il est clair qu’il va y avoir un rattrapage surtout que depuis le début de cette année, il ne se passe absolument plus rien. Aucune commande ne sort. Tous les indicateurs sont dans le rouge. Aujourd’hui, plus de 1.200 emplois sont sur la sellette. Nous allons devoir licencier l’équivalent de 5 à 6 à Florange (fermeture d’ArcelorMittal) mais cela fait effectivement moins de bruit car ce seront deux emplois par ici, trois emplois par là », insiste Patrice Haltebourg, le président de la Fédération régionale des Travaux Publics de Lorraine (FRTP Lorraine). Sans une bouffée d’oxygène, des centaines d’entreprises vont disparaître dans les mois à venir. « Il faut que les collectivités réinjectent de l’argent dans la rénovation des routes, des ponts ou les réseaux d’eau ou d’énergies. Il faut qu’elles le fassent », insiste Daniel Riwan, « vite »