Lorntech financement (© 123RF)Tous les acteurs du numérique le confirment : la réussite d’une start-up innovante repose sur sa capacité à frapper fort et vite. Cela implique de pouvoir très rapidement mobiliser d’un soutien financier. « Les partenaires financiers, dont des banques telles que la BPLC, le Crédit Agricole, la Caisse d’Epargne et BNP PARIBAS Lorraine, mais aussi des clubs d’investisseurs et business angels (YEAST), la CDC, l’ILP SADEPAR, ADER Investissement et le Réseau Entreprendre en Lorraine, s’attelleront à la problématique de l’amorçage en Lorraine. Dans la perspective de faire prospérer cette bulle créative transfrontalière, l’accent sera donc mis sur les facilités d’accès des startups du numérique à des fonds d’amorçage et au capital-risque », est-il précisé dans le projet LORnTECH. Une fondation sera notamment créée afin de regrouper l’ensemble des fonds disponibles pour soutenir financièrement les acteurs privés de l’écosystème numérique du Sillon Lorrain. Des fonds peuvent être mobilisés par les startups à tous les stades de leur développement, aussi bien en phase de création qu’en phase d’accélération.


CE QU’ILS EN DISENT…

Thomas Poudère, Yupeek : « Lever des fonds en Lorraine est beaucoup plus facile qu’il n’y paraît. Nous sommes beaucoup moins noyés dans la masse et cela nous permet de nous démarquer et de facilement aller voir les acteurs importants. »

Boris Ouarnier, CCI 02 BILAN : « Il serait nécessaire d’envisager de mettre en place une bourse de quelques milliers d’euros qui permettrait au porteur d’un projet intéressant de s’y consacrer à temps plein, pendant plusieurs mois afin d’en vérifier l’intérêt et la pertinence et de ne pas passer à côté d’une perle »

Le club d’investisseurs Yeast : « Notre club de Business Angels est né de la volonté d’entrepreneurs régionaux d’investir et de s’investir dans l’émergence de nouvelles success stories, tout particulièrement numérique. Nos membres ont tous un vécu d’investisseurs (Xilopix, Wizzvet …), et sont animés par une volonté de bienveillance vis-à-vis des entrepreneurs portant un projet de start-up. »

Philippe Courqueux, Réseau Entreprendre Lorraine : « Il est nécessaire de simplifier l’accès aux financements dès lors que le projet est intéressant. Mais les jeunes entrepreneurs mettent également en avant le fait qu’il y a un décalage entre leurs besoins et le rythme des décisions prises en la matière par les décideurs. C’est un point sur lequel il faut se pencher.» 


LORnTECH EN MODE «ACTION»

(© Fabien Veançon)

(© Fabien Veançon)

Du concret. LORnTECH a d’ores et déjà défini 20 actions qui vont être activées à court et moyen terme. Il est bien entendu question de développer de nouveaux outils financiers, en s’appuyant notamment sur les acteurs déjà existant comme les Busines angels. Mais l’ambition est aussi d’optimiser l’accès à ces financements pour les start-ups.

– Création d’un Fonds d’amorçage (inter)régional, voire transfrontalier

– Création d’un Fonds de co-investissement destiné à investir pari-passu aux côtés des business angels et autres investisseurs privés de capital-risque (1 pour 1)

– Augmenter l’activité des réseaux de business angels

– Capter l’épargne locale Crowdfunding en s’appuyant sur l’identité made in Lorraine.

– Élargissement de bourses de financement de démonstrateurs, pour les projets de création en amont (10-30 k€)

– Élargir le champ de certaines aides aux entreprises numériques non innovantes (e-commerces…) : aides à l’international, au conseil…

– Promouvoir les Financements entre entreprises de l’écosystème numérique.

– Amplifier massivement le développement d’une culture business oriented dans les écoles.

– Développer le Coaching / mentoring sur la levée de fonds

– Apporter des compétences dans les projets (investir en nature)

– Mieux choisir et accompagner les Hommes

–  Utiliser les MOOC

– Structurer des Packages financiers, via concertation entre acteurs & dispositifs existants (prêts d’honneur, BA, BPI, Région …)

– Organiser & amplifier les mises en relation entre investisseurs et entrepreneurs

– Créer un dispositif de qualification des projets vis-à-vis des financeurs

– Améliorer la lisibilité des financements disponibles (communication)

– Développer un pool de donneurs d’ordres early adopters, y compris en co-développement, afin de faciliter l’expérimentation / démarrage commercial des projets

– Aller vers une certaine homogénéisation des pratiques (pactes d’actionnaires…) entre les investisseurs de la place.

– Renforcer l’attractivité (projets du territoire) vis-à-vis des investisseurs extérieurs

– Structurer les entreprises technologiques régionales du numérique en cluster, afin de leur faciliter l’accès à certains types de financements.


Un fonds de capital risque de 7 millions d’euros

« Nous avons voté la création d’un Fonds de Capital Risque dédié au numérique doté de 7 millions d’euros, pour commencer. Nous pourrons également compter sur d’autres sources de financement via le Pacte Lorraine et l’Europe» a précisé Jean-Pierre Masseret, le président du Conseil régional de Lorraine, lors de l’officialisation de la candidature LORnTECH, le 13 octobre dernier, en présence de nombreux dirigeants et élus. Ce Fonds vise à répondre très rapidement à la demande croissante d’investissement de la part des acteurs du Numérique en Lorraine. Pour démarrer, le fonds sera doté de 7 millions d’euros, apportés par la Région Lorraine, via SADEPAR (Filiale Venture de l’Institut lorrain de participation- ILP). Il se positionnera systématiquement en co-investissement avec des acteurs privés, qui interviendront a minima à hauteur de 30 % de chaque opération. Ce dispositif permettra ainsi de faire levier sur un total de 10 millions d’euros minimum et d’investir, sur plusieurs tours, des montants en seed et early stage (soit en phase d’amorçage et de démarrage) compris entre 200 000 et 1 million d’euros par société. Le Fonds ciblera des sociétés localisées en Lorraine, à fort levier technologique ou d’innovation. La stratégie d’investissement se focalisera dans un premier temps sur quatre sous-secteurs : internet et média, logiciels et applications, e-commerce et utilitaire grand public, services et systèmes mobiles. De manière plus générale, le fonds pourra étudier tout projet numérique créateur de valeur.