Lorntech Compétences (© 123RF)

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Avec plus de 75 000 étudiants, le tissu lorrain de l’enseignement supérieur, de l’innovation et de la recherche, un des plus remarquables de France, constitue le socle fondamental de l’écosystème numérique lorrain. La présence de grandes écoles d’ingénieurs et de commerce, de laboratoires et de pôles de recherche et d’innovation de renommée internationale, ancre profondément la dimension numérique sur le territoire. Sixième région française (hors Ile-de-France) en termes d’effectifs étudiants en formation d’ingénieurs, la Lorraine se distingue par le poids de ses écoles. Premier pôle du Grand Est dans ce domaine, la Lorraine concentre 40% des étudiants en formation d’ingénieurs inscrits en Alsace, Lorraine, Bourgogne, Champagne-Ardenne et Franche-Comté. La région se distingue également par ses formations paramédicales et sociales. Avec plus de 35 centres de formation, elle est la cinquième région française (hors Ile-de-France) en termes d’effectifs étudiants dans ces formations, et la première du Grand Est. La Lorraine est également riche d’une centaine de laboratoires de recherche.


POINT DE VUE ANDRÉ ROSSINOT 

président de la Communauté Urbaine du Grand Nancy / ancien ministre

André Rossinot (© DR)

André Rossinot (© DR)

« Le projet LORnTECH, porté par le Pôle Métropolitain Européen du Sillon Lorrain réunissant les villes et agglomérations de Thionville, Metz, Nancy et Épinal, vise à soutenir les futurs leaders de la révolution numérique en Lorraine renforçant le lien transfrontalier avec la ville de Luxembourg et la ville de Sarrebruck. Forts de notre écosystème d’enseignement supérieur et de recherche, notamment l’INRIA à Nancy (Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique) ou Centrale Supelec à Metz et de la concentration de talents et d’entrepreneurs, nous sommes candidats au label « French Tech » initié par le gouvernement pour relancer notamment la croissance de la France en matière d’innovations. Un outil de décloisonnement et de partage qui permettra d’attirer des étudiants, des chercheurs et des entrepreneurs en prise directe avec l’Europe et de créer des emplois.»


ACCOMPAGNER LES ÉTUDIANTS

Philippe Courqueux © DR)

Philippe Courqueux (© DR)

« Il est important qu’un étudiant qui a une idée puisse très vite en tester la pertinence et sa faisabilité. Pour cela, il doit pouvoir facilement rencontrer des dirigeants et des experts de la création d’entreprise pour échanger, s’informer et le cas échéant, être accompagné. Il faut le faire alors qu’il est encore étudiant. Une fois engagé dans la vie professionnelle, il aura d’autres priorités. Il reprendra peut-être son idée plus tard, mais un rendez-vous aura été manqué » souligne Philippe Courqueux, membre du Réseau Entreprendre Lorraine. Ce réseau a d’ailleurs développé une initiative intéressante en la matière puisque dans le cadre de son opération Les Entrepreneuriales (un programme dédié aux étudiants visant à leur apprendre à créer leur « boite », voir les-entrepreneuriales.fr), il a développé un système de « chèques-services » qui permettent à son détenteur de bénéficier de plusieurs heures de conseils et d’un accompagnement personnalisé de la part de chefs d’entreprise, en matière de marketing, de stratégie ou de gestion, par exemple.


CYRIL MARCH XILOPIX

« Il est important de développer la formation car les start-ups ont besoin de talents. Aujourd’hui, les décideurs et les acteurs concernés par le numérique se parlent, c’est un gain de temps appréciable. Nous sommes disposés à nous investir en la matière. Nous recrutons actuellement une vingtaine de collaborateurs dont une dizaine d’ingénieurs. »

Cyril March Xilopix © DR)


À NANCY L’INRIA S’IMPLIQUE

INRIA Nancy © DR)Dès 2015, nous allons mettre en place un cycle de conférences dédiées aux entreprises innovantes. L’ambition est de mettre en contact des acteurs du monde de l’entreprise (Chambre de commerce, incubateurs…) et nos chercheurs. Chacun de ces rendez-vous sera l’occasion de présenter de nouvelles technologies ou des travaux de recherches susceptibles d’intéresser des entrepreneurs mais également des entreprises porteuses d’un projet auquel nous pourrions être associés. Dans un autre registre, nous envisageons également de « marier », dans la durée, une PME et une équipe de recherche, là encore afin qu’elles s’enrichissent mutuellement. Enfin, nous pourrions également ouvrir nos plateformes d’expérimentation qui travaillent notamment sur la sécurité informatique, la domotique et les drones, à des entreprises pour qu’elles puissent tester des innovations » explique Sylvain Petitjean, le directeur de l’Inria Nancy-Grand Est à propos de la façon dont son institut entend s’impliquer au sein de LORnTECH. Une implication particulièrement souhaitable. L’Inria Nancy-Grand Est (il y en a 8 en France) est un centre de recherche en « numérique » de premier plan, il emploie 450 personnes à Nancy dont une majorité de scientifiques. Au-delà de la recherche, l’organisme développe des liens étroits avec le monde de l’entreprise, cela se traduit par du transfert de technologie mais pas uniquement. L’Inria a déjà créée 5 start-ups et mène une politique active visant à sensibiliser ses doctorants à la création d’entreprises innovantes.