Dans la série des premiers, Fausse piste aux éditions Gallmeister est le premier titre d’une série de rééditions des romans de Crumley, le premier roman de l’auteur américain paru en 1975 et la première aventure de Milodragovitch, un privé désœuvré au point d’accepter une affaire en apparence simple et sans intérêt. Il ne sait pas encore à quel point il se fourre le doigt dans l’œil !

James Crumley ne désertera jamais les rayons des librairies. Les romans de l’auteur décédé en 2008 sont sans cesse réédités et on ne s’en lasse pas. Pourquoi parler de cette édition-ci ? On vient de le dire, on ne s’en lasse pas et en plus, le bouquin est illustré avec talent par Christophe Chabouté. Dans ce premier polar de l’écrivain du Montana, on fait connaissance avec Milodragovitch, un privé qui exerce à Meriwether, une petite ville du Montana (sûrement une coïncidence…). Mais son fonds de commerce est ruiné depuis que les divorces se règlent à l’amiable. Alors quand une belle rousse maladroite et fragile lui demande d’enquêter sur la disparition de son frère, un étudiant modèle, il accepte. Ses addictions multiples et son attirance pour Helen Duffy lui ramollissent temporairement le cerveau mais ne l’aveuglent pas entièrement. Pourtant, lorsque ses méninges se réveillent, ça fait mal ! L’intrigue se met en place lentement. James Crumley prend le temps de nous dévoiler l’âme de l’Amérique profonde et de ses loosers méprisables mais attachants. Chez certains auteurs, les digressions s’avèrent franchement ennuyeuses, on a presque envie de sauter des pages pour entrer dans le vif du sujet. Chez Crumley, on savoure chaque phrase. Aucun mot n’est inutile. Tout contribue à créer cette atmosphère cynique, décapante, enveloppée d’un voile de poésie et assaisonnée de cet irrésistible petit goût de reviens-y.