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Le 1er juin, la fête populaire des Kyriolès renaît dans les rues de Remiremont : une grande parade folklorique et contemporaine, des concerts, des moments conviviaux, culturels et festifs sont prévus.

Le lundi de Pentecôte était depuis le Moyen-âge le moment d’une fête singulière, qui mêlait folklore, religion, tradition féodale et ivresse populaire : les Kyriolès. Vers 1840, Charles Friry, notable romarimontain, artiste et amateur d’art, les considérait comme une « cérémonie moitié sérieuse, moitié bouffonne ». L’esprit des Kyriolès version 2020 n’est pas très éloigné de cette définition. Le temps fort de cette célébration était le défilé de cortèges, surtout composés d’enfants costumés représentant leur paroisse, chantant à travers les rues. Cette parade sera ressuscitée à l’occasion du 14e centenaire de la fondation de l’abbaye du Saint-Mont.

Une quinzaine de groupes historiques suivront le chemin jusqu’à l’abbatiale, à la différence que la procession ne s’achèvera pas par une messe mais par un concert de musique ancienne. Plusieurs périodes et personnages historiques seront représentés : « Stanislas, duc de Lorraine » par Les Danseurs du Roy, « Le pape Léon IX » par la paroisse Saint-Amé des Trois Vallées, la période napoléonienne avec Vosges Napoléoniennes ou encore un groupe rendant hommage aux Kyriolès. Les communes du territoires et les habitants sont invités à former des groupes pour participer au défilé, ou proposer de participer sous des formes originales : troupes théâtrales, groupes musicaux, associations, clubs sportifs ou scolaires sont conviés à la fête. « Chorales et concerts, artisanat, expositions ponctueront ce rendez-vous, indique Bernard Visse, coordinateur de l’événement. L’esprit, populaire et festif, rappellera l’histoire sous tous ses aspects ».

Le 1er juin à Remiremont
Informations sur www.saint-mont-1400ans.fr

L’Histoire s’expose

Entre juin et décembre plusieurs expositions rythmeront ce 14e centenaire. La plus importante sera incontestablement celle qui présentera les résultats des fouilles entreprises au Saint-Mont entre 1960 et 1992 puis dès 2013. Des pièces issues des collections de musées du Grand Est seront aussi visibles, principalement des céramiques et des verreries, ainsi que le manuscrit Liber memorialis conservé à la Biblioteca Evangelica à Rome, exposé pour la première fois en France. Les écoles du territoire s’impliquent également dans la programmation avec Le Saint-Mont, Traces et mémoires, exposition en deux parties qui présentera une maquette du Saint-Mont en 3D ainsi que de précieux documents d’archives. De plus, une invitation faite aux peintres, amateurs comme professionnels, à venir installer leur chevalet sur le site en juin sera suivie d’une exposition de leurs toiles. Enfin, un atelier de création de carnets de voyages et un atelier d’écriture, ainsi qu’un moment de contes sur la légende du Pont des fées viendront enrichir l’histoire, réelle et imaginaire, du Saint-Mont.


Une chanoinesse en scène

Une création théâtrale inédite ponctuera ce 14e centenaire de la fondation de l’abbaye du Saint-Mont : La Fourmi dans le corps, sur un texte du célèbre auteur Jacques Audiberti, a intégré le prestigieux répertoire de la Comédie Française en 1962. Contant l’histoire d’une chanoinesse ayant rejoint Remiremont et hésitant entre vie monocale et liberté de corps et d’esprit, cette pièce impertinente et décalée, inspirée à Audiberti par son amitié avec un commerçant romarimontain, n’a jamais été montrée dans la cité vosgienne. Ce sera chose faite grâce à une troupe issue principalement du Charlet théâtre, avec la participation du Théâtre de la Miroiterie et une mise en scène de Gilles Maréchal. La distribution pourra être complétée par d’autres comédiens du territoire. Il est prévu de jouer la pièce à l’Hôtel de Ville de Remiremont dans sa première partie, puis au sein du Centre culturel Gilbert Zaug. La représentation aura lieu en novembre.


Un passé révélé

Un cycle de conférences, organisé notamment par la Société d’Histoire de Remiremont et l’association Dommartin Histoire et Patrimoine, abordera durant toute l’année divers aspects de l’histoire locale depuis le Moyen-Age. Saint Amé, fondateur du Saint-Mont, et Saint Arnould, personnage emblématique de l’époque mérovingienne, feront l’objet des conférences du 28 mars et du 5 juin, tandis que les reliques du Saint-Mont seront le sujet d’une rencontre le 15 mai. Un premier colloque Corps et âmes : la vie et la mort des femmes du Haut Moyen-Âge aura lieu du 18 au 20 juin dans le cadre des Journées de l’Archéologie, avant la tenue en septembre d’un second colloque réunissant des universitaires de toute la France et de Belgique baptisé Des saints pour les Vosges, qui fera l’objet d’une publication. L’année s’achèvera avec une conférence sur les seigneurs du Saint-Mont le 7 novembre, puis sur l’histoire du Pays de Remiremont, de la paroisse primitive à la communauté de communes des Vosges méridionales le 4 décembre.