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L’attentat sur les bars à narguilé de Hanau qui a choqué toute l’Allemagne n’est pas le premier signe visible d’une radicalisation des milieux d’extrême-droite. Les auteurs ne se limitent plus aux menaces.

C’était en juin dernier, la fête foraine battait son plein dans la petite ville de Istha lorsque le préfet de district, le conservateur Walter Lübcke, fut abattu à bout portant, chez lui, par un membre de la mouvance néonazie allemande. Depuis plusieurs mois déjà, Lübcke avait été pris à partie dans sa ville et sur les réseaux sociaux pour ses positions pro-réfugiés. Quatre mois plus tard, c’est en Allemagne de l’Est, dans la ville de Halle, que le bras armé de l’extrême-droite frappe à nouveau. Cette fois, la communauté juive est prise pour cible par un terroriste qui essaie de forcer l’entrée de la synagogue pour commettre un massacre le jour de Yom Kippour. N’arrivant finalement pas à pénétrer dans le bâtiment, il tuera une passante ainsi qu’un client d’un stand de kebab à proximité. Et maintenant la fusillade dans les bars à chicha de Hanau, lieux de loisirs plébiscités par les jeunes migrants et qui ont été choisis pour cela par le terroriste. Un réveil soudain de l’extrême-droite chez nos voisins allemands ? Pas si soudain que ça. En 2015 et 2016, le pays avait déjà connu un déchaînement de violence avec près d’un millier d’attaques contre des centres d’accueil pour réfugiés. Désormais, les auteurs ont passé une étape supplémentaire en ne s’en prenant plus seulement à des bâtiments mais en assassinant froidement leurs victimes. Si les services de police et de renseignements travaillent d’arrache-pied – ils viennent par exemple de démanteler le « groupe S », une cellule violente d’extrême-droite composée de 13 hommes prévoyant des attaques simultanées sur des mosquées – pour l’instant, aucune réponse politique satisfaisante n’a été apportée à cette radicalisation.