Le dernier livre de Michel del Castillo évoque un épisode oublié de l’histoire qui prend une couleur toute particulière à la lumière des tensions actuelles. Au début du 17e siècle, en 1609, Philippe III d’Espagne et le duc de Lerma décident d’expulser les morisques de la Péninsule ibérique. Ces 500 000 hommes et femmes, nés en Andalousie, sont les descendants des populations musulmanes converties au christianisme plus d’un siècle auparavant, et, pour la plupart, travaillent sur les terres des Grands d’Espagne comme cultivateurs, jardiniers, artisans. « Embarqués de force dans des navires loués aux Vénitiens, aux Génois et aux Français, les morisques sont envoyés malgré eux en Afrique du Nord, soupçonnés d’apostasie et de trahison ». Cette trame historique est la toile de fond de ce roman qui fait se côtoyer les figures de cet épisode tragique de l’histoire d’Espagne que sont le roi et son favori, des représentants de l’armée, des Grands, de l’Eglise, et les anonymes, les victimes… « Sur ma route, ce sont des mères, des enfants, des vieillards, des malades à bout de force, c’est un troupeau exténué que j’ai imaginé, gardé par une chiourme brutale ». Plusieurs milliers de morisques perdront la vie de lors ce triste épisode de l’histoire de l’Espagne visant à renouer avec un « catholicisme pur ». 

Aux éditions Fayard