Le 6 août à 21h30, dans ses jardins, la Maison de Robert Schuman organise une projection du film Le Président d’Henri Verneuil, L’occasion de voir ou de revoir Jean Gabin et Bernard Blier dans des rôles dramatiques mais également l’un des rares, peut-être le seul, film français à avoir évoqué la création des États-Unis d’Europe. D’une cuisante actualité dans le contexte tumultueux du Brexit. 

Le Président est un film réalisé par Henri Verneuil, en 1961. Le talent du réalisateur français, d’origine arménienne, est déjà renommé. Deux ans plus tôt, il a connu un énorme succès international avec La vache et le prisonnier avec Fernandel. Le Président est le premier film d’une série de trois commandes de la Metro Goldwin Mayer au trio Verneuil, Gabin et Audiard, que le public retrouve dans Un signe en Hiver (1962) et Mélodie en sous-sol (1964). Le Président, c’est Émile Beaufort, un ancien président du Conseil qui s’est retiré de la scène politique, depuis une vingtaine d’années. Un homme droit et intègre « qui n’a eu qu’une maîtresse, la France ». À 73 ans, même s’il conserve ses relations dans les hautes sphères, il coule des jours paisibles dans sa propriété, consacrant ses journées à dicter ses mémoires à sa secrétaire, mademoiselle Millerand. Mais un jour, il apprend que Philippe Chalamont (incarné par Bernard Blier) brigue la présidence du Conseil. Philippe Chalamont n’est autre que l’ancien chef de cabinet de Beaufort, un homme que le Président considère d’abord comme un politicien sans scrupule. Et pour cause, à deux reprises, Beaufort a connu la défaite en raison de ses agissements qui ont également coûté cher à la France. La première fois, lors d’un scandale financier impliquant la famille de Chalamont qui a contribué à faire avorter une dévaluation programmée de la monnaie nationale. Le second coup de Chalamont, alors dans l’opposition, fait échouer son projet qui visait à créer des États-Unis d’Europe. Pour Beaufort, il est donc inenvisageable que Chalamont arrive à ses fins. Il va dès lors tout faire pour l’en empêcher, quitte à rendre publics de vieux dossiers. Superbement interprété par Jean Gabin (Émile Beaufort), Bernard Blier (Philippe Chalamont) et Renée Faure (mademoiselle Millerand), le film vaut aussi par la qualité des dialogues signés Audiard, même si l’ambiance et le cadre du film ne laissent guère de place à de grandes envolées gouailleuses. Ce film est une adaptation d’un roman éponyme de Simenon.


EXTRAIT CHOISI

le-président-blier-gabinLe président Beaufort : Tout le monde parle de l’Europe. Mais c’est sur la manière de faire cette Europe que l’on ne s’entend plus. C’est sur les principes essentiels que l’on s’oppose. Pourquoi croyez-vous, Messieurs, que l’on demande au Gouvernement de retirer son projet d’union douanière. Parce qu’il constitue une atteinte à la souveraineté nationale ? Non, pas du tout ! Simplement parce qu’un autre projet est prêt.
Philippe Chalamont : C’est faux !
Le président Beaufort : Un projet qui vous sera présenté par le prochain gouvernement.
Philippe Chalamont : Monsieur le Président, je vous demande la permission de vous interrompre.
Le président Beaufort : Ah non ! Et ce projet, d’avance je peux vous en annoncer le principe. La constitution de trusts horizontaux et verticaux et de groupes de pressions qui maintiendront sous leur contrôle non seulement les produits du travail, mais les travailleurs eux-mêmes. On ne vous demandera plus, Messieurs, de soutenir un ministère, mais d’appuyer un gigantesque conseil d’administration !


INFOS PRATIQUES

Le film Le Président sera diffusé le 6 août à 21h30
dans les jardins de la Maison de Robert Schuman
8-12 rue Robert Schuman à Scy-Chazelles.
L’accès est gratuit mais la réservation est obligatoire
au 03.87.35.01.40 ou par e-mail : maison-robert-schuman@moselle.fr.
Le site ouvrira ses portes au public à 21 h.
L’accès au musée et aux jardins sera gratuit.
Pour tout savoir sur cette soirée mais également sur la Maison de Robert Schuman,
l’ancienne demeure du Père de l’Europe, voir www.mosellepassion.fr
La diffusion de ce film est organisée en collaboration avec le C.R.A.V.LOR, l’organe de diffusion cinématographique
de l’Union Régionale de la Ligue de l’enseignement des 4 Fédérations des Œuvres Laïques de Lorraine,
dans le cadre de « Passeurs d’images », un dispositif d’éducation à l’image et de démocratisation du 7ème art.