Benjamin, sculpteur, et sa compagne Romy rentrent de leurs vacances à Cadaquès, cité balnéaire catalane. Lui est obnubilé par une jeune femme mystérieuse prise en photo sur la plage. Quand l’histoire du couple est bouleversée par un coup du sort, Benjamin va partir à la recherche de l’inconnue, une quête obsessionnelle pour continuer à croire en la vie et en l’amour. Dans L’Etreinte, le scénariste Jim (Un été à Rome) et le dessinateur Laurent Bonneau (Les Brûlures) nous font progresser en équilibre instable sur une ligne de vie semée d’embûches. Car au-delà de la recherche de cette inconnue de la photo, c’est bien le thème de la survie, du souvenir de l’autre dans les pires moments qui est au cœur de l’album.

Dans la postface du livre, on apprend que le scénariste et le dessinateur se sont livrés à un jeu de cadavre exquis pour imaginer le début de l’histoire, Jim répondant aux dessins de Laurent Bonneau par un texte et des dialogues. Mais cette cuisine n’a au fond que peu d’intérêt. C’est d’ailleurs dans son second tiers que L’Etreinte prend toute sa dimension : à l’image de la relation entre Benjamin et Romy, cette love story belle et cruelle est une course de fond. En 300 pages, on traverse avec le héros une foule de sentiments et d’expériences, suivant le sculpteur, qui cherche aussi à retrouver l’inspiration, dans une errance illustrée par les superbes dessins de Laurent Bonneau. Entre rêve et réalité, paysages chauds et couloirs glacés, c’est tour à tour la mélancolie et l’espoir qui se dessinent, parcourus de visions syncopées illustrant un esprit tourmenté vagabondant entre souvenirs et imaginaire. Si le récit est assez sombre et n’a rien d’une bluette estivale, il laisse toujours entrevoir la lumière ; celle au bout du tunnel.

L’Étreinte, de Jim et Laurent Bonneau / Éditions Grand Angle

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