(© Luc Bertau)
Psychologue, directrice d’une structure médico-sociale, agent immobilier… Claire Olland affiche un parcours professionnel original. Une carrière qu’elle mène animée d’une conviction forte : seul on ne peut pas grand-chose. Si son agenda est bien rempli, la dirigeante s’engage aussi en faveur des jeunes créateurs d’entreprise, des femmes, du territoire…

« Nous vivons dans une société qui dérive dangereusement. Se contenter aujourd’hui de commenter ces dérives, notamment sur le plan politique, est assurément confortable. Mais cela ne génère pas de valeurs. Ce qui est également le cas d’un être isolé. Seul, on ne peut pas avancer. C’est ensemble que l’on peut beaucoup. J’en suis intimement convaincue. C’est dans le lien et l’échange que l’on grandit car l’on apprend alors des autres et sur soi-même », souligne Claire Olland.

Pendant près de 15 ans, ce désir de partage s’est concrétisé professionnellement par une implication dans le médico-social. En tant que psychologue tout d’abord, à l’issue de son DESS. Puis en prenant la direction d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), fonction pour laquelle, elle retournera sur les bancs de l’école, en l’occurrence à l’IAE, pour décrocher un Master en administration des entreprises. « La situation était un peu compliquée à l’Amapa, à cette époque et cela pesait sur l’état d’esprit général. Moi ce qui m’importait, c’était d’offrir les meilleures conditions de vie aux seniors accueillis. Ce n’était pas toujours simple. Alors je suis partie au bout de 3 ans et ½ », souligne Claire.

Elle prend alors ses distances avec le social pour se lancer dans une toute autre aventure en ouvrant son agence immobilière, qu’elle dirige encore aujourd’hui. Et là encore, non sans avoir repris une formation spécifique au Cnam. Mais le secteur n’a pas pour réputation d’avoir la fibre sociale exacerbée. Quid de l’écoute, de l’entraide, du partage ? « L’immobilier ne se résume pas obligatoirement à vendre des biens très rapidement pour, au plus vite, encaisser sa commission. Je suis à l’écoute de mes clients et les accompagne dans leur projet car se séparer d’un appartement peut s’avérer douloureux. Je prends le temps nécessaire et mes tarifs sont plutôt doux », précise la dirigeante.

Son investissement au service des autres prend également d’autres formes.Accompagner les jeunes pousses passe également par le Club 7, qu’elle préside. Au sein de la CCI Lorraine, alors que se construit la CCI Grand Est -ce qui exacerbe les tensions et les ambitions-, elle plaide pour l’union sacrée et davantage de collaboration pour que la Lorraine conserve un leadership à l’échelon du nouveau territoire. « La Lorraine pèse pour 38% des voix. Ne pas être unis, c’est prendre le risque de tout perdre », affirme-t-elle.

Toujours au sein de la CCI et de l’association Entreprise et Territoire, elle se mobilise également pour améliorer les dispositifs visant à accompagner les créateurs d’entreprise. « Ce ne sont pas les outils qui manquent. Mais il faut que la Chambre communique davantage et mieux. Que ses adhérents se mobilisent aussi pour répondre à des besoins parfois très simples. Pourquoi, alors que des surfaces commerciales sont vides, ne pas faire en sorte qu’elles puissent être utilisées par de jeunes commerçants pour tester la pertinence de leurs produits ? Ces boutiques éphémères leur permettraient de ne pas engager des fonds dans des baux commerciaux dès le lancement de leur activité. C’est un exemple parmi d’autres », indique Claire.

Accompagner les jeunes pousses passe également par le Club 7, qu’elle préside. Tous les 7 du mois, l’ambition est de réunir ceux qui le souhaitent (il n’y a ni adhésion, ni d’engagement) pour permettre à de jeunes entrepreneurs d’échanger avec des chefs d’entreprises et des dirigeants, de manière informelle, autour d’un verre.

Dans des registres différents, Claire Olland est également impliquée dans Innodesign, les rencontres internationales « innovation-design-arts appliqués » dont la troisième édition est programmée les 18 et 19 novembre à l’Arsenal et fait partie du bureau de l’AFFDU Lorraine (Association Française des Femmes Diplômées des Universités) qui œuvre en faveur de l’égalité garçons-filles au travers de différentes actions : prix Créatrice d’entreprise, conférences, speed-dating… Toutes ces casquettes ne sont pas un peu lourdes à porter ? « Personnellement, les autres et les rencontres participent à m’enrichir. Cela participe donc à mon équilibre. En retour, je m’attache tout simplement, à mon humble niveau, à partager ce que j’ai à offrir », conclut la chef d’entreprise.