DOSSIER DU NUMÉRO DE MARS 2015 :

JOB À LA CLÉ, LES FILIÈRES QUI RECRUTENT (3/4)

Ambitionner de décrocher un bon diplôme, c’est parfait. Mais pour bien s’orienter, il peut s’avérer utile de se projeter dans l’avenir afin d’appréhender quels seront les métiers qui recruteront demain. Ingénieur en réalité augmentée, agriculteur urbain ou bien architecte du numérique, en voilà quelques-uns.

metiers-de-demain (© 123RF)Différents secteurs d’activité recrutent et pour quelques années encore: l’informatique, les services aux particuliers ou bien l’agroalimentaire… Mais à l’heure d’entreprendre des études supérieures, ce qui est également important c’est d’avoir une vision du marché du travail à plus long terme. Pas simple. Qui, il y a vingt voire dix ans à peine, aurait imaginé faire carrière dans des secteurs comme les jeux vidéo, le cloudcomputing ou bien encore le marketing appliqué aux nouvelles technologies ? Si esquisser des métiers (ou des secteurs d’activité) qui n’existent pas encore n’est donc pas chose facile, certains s’y emploient. C’est le cas, par exemple du cabinet canadien Wagepoint qui a dressé une liste de dix métiers qui, selon lui, vont apparaître d’ici une quinzaine d’années : consultant spécialiste du bien-être du troisième âge, architecte du numérique, contrôleur de climat, spécialiste en nano-médecine, ingénieur du corps pour les transplantations, agriculteur vertical, gestionnaire de données inutilisées, chirurgien de la mémoire et designer pour enfants.

Certains de ces métiers se retrouvent également dans la liste réalisée par Thomas Frey, senior futurist au DaVinci Institute (think tank et communauté d’entrepreneurs), pour qui 60% des métiers qui façonneront l’avenir n’ont pas encore été inventé. D’ici une dizaine d’années, les secteurs comme la médecine, la production alimentaire (il ne parle pas d’agriculture verticale mais d’agriculture urbaine) les relations sociales (réelles comme virtuelles) vont effectivement générer des métiers comme ceux évoqués supra. Mais il en voit également d’autres: spécialiste de la recherche d’organes, techniciens pour éoliennes, banquiers de monnaies alternatives… Imaginer les métiers de 2030 et au-delà, l’exercice est plus périlleux encore car on entre alors dans un univers qui relève de la science-fiction. Thomas Frey imagine que les gamins et les bébés d’aujourd’hui seront aiguilleurs de drones, ré-activateurs d’espèces animales disparues, pilotes de robots, éleveurs de clones, imprimeurs de maisons, stylistes 3D ou bien encore spécialisés dans la fabrication de nano-armes.

Contrôleur de climat, spécialiste en nano- médecine, agriculteur vertical, gestionnaire de données inutilisées, chirurgien de la mémoire et designer pour enfants…

Pour revenir au présent, les experts sont d’accord pour dire qu’au-delà des enseignements et des savoirs qui évoluent toujours plus vite- pour la Génération Y, plus que pour n’importe quelle autre, l’anticipation ne suffit plus – « au cours d’une formation supérieure en 4 ans, la moitié de ce que va apprendre l’étudiant la première année sera dépassée deux ans plus tard » souligne Wagepoint -, ce qui importe aujourd’hui c’est de développer des compétences favorisant l’adaptation. Cela afin de « coller » aux réalités (à défaut de pouvoir les anticiper), d’accompagner les évolutions technologiques, de profiter pleinement des formations (forcément tout au long de la vie) mais aussi d’enchaîner les missions, voire les métiers. La créativité, les compétences relationnelles, la pensée critique, la réactivité visant à résoudre des problèmes, l’autonomie…

Voilà ce qui comptera à l’avenir sur le plan professionnel au même titre qu’une bonne formation validée par un diplôme car pour l’heure, pas question de le nier, le diplôme reste un sésame pour intégrer le marché du travail. D’où l’importance de bien choisir son école ou son université en sachant, bien entendu, que, pour tourner le monde continuera à avoir besoin d’avocats, d’esthéticiennes ou de commerçants… Cela dit, inutile d’être devin pour imaginer qu’avec internet, le métier de commerçant, par exemple, vieux métier s’il en est, va encore évoluer. En ce qui concerne le CDI et les 40 heures « de bureau », s’ils sont encore d’actualité et concernent une majorité de « travailleurs », ce n’est que pour quelques années encore.


NOMOPHOBEUR OU BOGTEUR.

Le site dicodufutur.org qui a également planché sur les métiers du futur, en évoque d’autres encore, plus improbables encore : bogteur (thérapeute d’entreprise spécialisé dans les dégâts commis par les bugs informatiques), bonhteur (un spécialiste du bonheur dans l’entreprise), nomophobeur (praticien spécialisé dans le traitement de la nomophobie, autrement dit la peur d’être séparé de son portable ou de ses outils de connexion)… Des métiers farfelus ! Certes, mais comme le rappelle Wagepoint : dans le top 10 des métiers les plus recherchés en 2010, aucun n’existait en 2004.