Jazzpote © Droits Réservés

Le festival thionvillois Jazzpote déménage du site du NEST à celui du 112 à Terville, emmenant dans ses bagages la bonne humeur et la convivialité qui ont fait sa réputation. Cartes blanches, pointures et musiciens locaux ainsi qu’une création inédite sont au programme de cette édition 2019.

Si on a autant de souvenirs heureux du Jazzpote festival, c’est sans doute parce que les jazzmen ne sont jamais aussi bons que lorsqu’ils se sentent comme à la maison. Cette atmosphère particulière est l’œuvre d’une association menée depuis quinze ans par Christian Schott et son équipe de bénévoles, qui ont mis sur pieds l’un des festivals de jazz associatifs les plus importants de France. « À nos débuts, on avait une expérience du milieu associatif tout en étant novices en matière d’organisation de festival ; on ne savait même pas comment contacter les musiciens, raconte Christian. Mais quand on est une bande de copains, tout semble possible. Cet amour, ce respect, on l’a procuré aux musiciens, au public, aux techniciens : c’est ça Jazzpote ! » Les souvenirs évoqués sont multiples et toujours positifs : l’arrivée en catastrophe de Vincent Peirani et Émile Parisien en provenance de Suède pour donner immédiatement un concert du tonnerre, la chaleur et la gentillesse de Manu Dibango, les débuts de Mélanie de Biasio et Jeanne Added, qui aujourd’hui remplissent les grandes salles… « Les musiciens sont très sensibles à l’accueil, ressentent l’état d’esprit du public, s’en nourrissent. C’est ce qui fait notre succès. »

Pour cette édition 2019, changement de décor :  auparavant installé sur le site du Théâtre en bois à Thionville, refuge du NEST, le festival Jazzpote déménage dans la salle de concert le 112 à Terville, à quelques kilomètres. Le changement sera durable puisque de nouveaux aménagements sont actuellement en cours sur les extérieurs du site thionvillois, avant une longue phase de travaux qui verra le transfert du théâtre de l’autre côté de la Moselle. Mais pas d’inquiétude : Jazzpote conservera ses espaces extérieurs et ses légendaires barbecues autour d’apéros jazz d’anthologie, qui s’installeront dans le parc Châtillon adjacent au 112. « Ces moments-là font partie intégrante de l’identité du festival, on tenait à avoir un endroit qui privilégie le dialogue, les rencontres, notamment avec les musiciens. »

À l’affiche de cette édition, on retrouve la trompettiste Airelle Besson, qui a su donner à cet instrument éminemment masculin une élégance bien à elle auprès de sa formation Radio One, ou encore deux soufflants de haut vol en la personne de Louis Sclavis, compagnon de route d’Henri Texier récompensé par plusieurs prix Django Reinhardt, et de Paolo Fresu accompagné d’un Devil quartet 100 % transalpin. On découvrira aussi, notamment, le sens de l’interplay du Bernica octet, déjà passés par le festival comme Maria Tejada, qui revient pour un tour de piste en trio, tout comme le pianiste Jean-Marie Machado aux côtés du Big band du Conservatoire de Thionville. Une tradition à Jazzpote, les cartes blanches, seront ici assurées par deux locaux, le batteur et sideman de luxe Frank Agulhon et le bassiste Guy Schneider, qui se produiront avec des formations inédites et des compositions revisitées. « Cette tradition a fait naître une envie : produire un projet » indique Christian Schott. C’est chose faite cette année avec l’Euro Jazzpote Quartet, co-produit avec le Gueulard Plus de Nilvange, qui réunit des musiciens français, allemands, belges et luxembourgeois sur un répertoire inédit. « C’est un vrai pari, une rencontre entre musiciens que l’on a mis en contact, raconte le président de Jazzpote. On veut aller plus loin dans cet état d’esprit transfrontalier, et dorénavant nous avons des ambassadeurs. Une tournée est prévue dans les quatre pays. » Pour l’avenir, Jazzpote n’a qu’un seul souhait : « ne jamais s’arrêter ! »                 

Du 2 au 6 juillet au 112 à Terville.
Apéros jazz gratuits dès 18h30
Concerts décentralisés du 15 au 30 juin
www.jazzpote.com