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Proposant une sélection de films documentaires pour affûter le regard du public sur les mouvements de la société, le festival thionvillois le Réel en vue organise également rencontres, ateliers et concours auprès des habitants, pendant le festival et toute l’année avec le Centre social Le Lierre.

Pas de thématiques pour le festival Le Réel en vue, plutôt une philosophie résumée dans son nom : « mettre en valeur des films qui sont le reflet du monde d’aujourd’hui, faire réfléchir le public mais surtout l’impliquer » définit Thierry Léger, coordinateur du festival pour le Centre social Le Lierre. L’identité du Réel en vue est en effet étroitement liée aux missions de sa structure organisatrice et à son atelier multimédia, qui s’associe au cinéma La Scala et à la médiathèque tiers-lieu Puzzle pour deux week-ends d’événements liés au documentaire.

Les 15 et 16 novembre, place aux journées Jeunes Images du Réel, consacrées à la jeune création web et documentaire en région Grand-Est à Puzzle, avec des ateliers de découverte et de pratique, des conférences et des rencontres avec des professionnels dont Sonia Kronlund, productrice, documentariste et marraine de ces Journées. Un après-midi d’éducation à l’image se tiendra également dans les lycées thionvillois. « La vérité sera au cœur de cet instant auprès des lycéens, avec les problématiques liées à la lecture d’une image et aux fake-news » commente Thierry Léger. Un concours de vidéos de jeunes réalisateurs sera un autre temps fort de ces journées Jeunes Images du Réel. « Ce concours permet de montrer comment les jeunes se situent par rapport à ces enjeux et de mettre en valeur leur travail » poursuit le coordinateur.

Le second week-end, du 22 au 24 novembre au cinéma La Scala, est essentiellement dédié à la projection des cinq films en compétition, sélectionnés par un jury associant professionnels et habitants. Cinq films en résonance avec l’actualité : exil et apprentissage du vivre-ensemble dans Regarde ailleurs et Les Yeux de la parole, auprès de migrants de la jungle de Calais ou d’un poète syrien et d’écoliers français, dérives de l’industrie agro-alimentaire dans Un Lien qui nous élève, plongée au sein de la communauté juive orthodoxe de Tel-Aviv dans M ou expérience humaine et scientifique extrême dans The Raft. L’occasion de rencontres et de débats avec les réalisateurs, notamment Manon Ott, présidente d’honneur du jury et réalisatrice de De Cendres et de braises. « Nous cherchons toujours, au sein des jurys ou avec le public, à provoquer la rencontre, la discussion entre professionnels, amateurs et publics, note Thierry Léger. Si le documentaire est très présent sur le web ou à la télévision, on n’a pas toujours la possibilité d’en percevoir tous les aspects, tout le sens : la rencontre permet cela, et c’est la vocation première de Réel en vue. »

Une vocation que le Centre Le Lierre entretient toute l’année. En amont du festival, la programmation Ouvertures du regard comprend ateliers, séances d’éducation à l’image, masterclass et séances spéciales commentées et débattues à La Scala. En ouverture de chaque séance pendant toute la durée du festival seront projetés des courts-métrages réalisés par des habitants lors d’une masterclass qui s’est tenue en octobre avec le réalisateur Ludovic Petetin. Et comme tout grand festival qui se respecte, le Réel en vue a aussi son « off » : trois soirées dédiées au monde du travail et à la mémoire ouvrière, avec des expositions et des ateliers par le collectif de réalisateurs Nos Tribus se tiendront au Café Culture Le Gueulard de Nilvange. « Parler ainsi des sujets d’aujourd’hui a un rôle déclencheur, mais cela nécessite un travail de fond, d’éducation à l’image, de pratique comme de diffusion de films : le Réel en vue est un grand moment de valorisation de ce que nous effectuons ensemble au quotidien » résume Thierry Léger.                       

Du 15 au 24 novembre à Thionville,
au cinéma La Scala et à Puzzle. Festival « off »
du 5 au 7 novembre au Café Culture Le Gueulard à Nilvange.
www.reelenvue.fr