Ces derniers mois, les professionnels des BTP sont montés à plusieurs reprises au créneau pour exprimer leurs inquiétudes quant à l’évolution des affaires. Des milliers d’emplois sont sur la sellette.

BTP (© 123RF)Dans son tableau de bord économique et social (n°61) daté de décembre 2014, le Cesel a mis des chiffres sur les inquiétudes de la profession à partir des données de la FRTP Lorraine (Fédération régionale des TP). « Sur les 12 derniers mois, le volume du chiffre d’affaires réalisé avec le secteur public par les travaux publics a chuté de 22% par rapport aux 12 mois précédents », précise le Conseil qui rappelle également que les commandes publiques conditionnent largement l’activité et l’emploi du secteur, en représentant 66,5% de son chiffre d’affaires (soit environ 1,1 milliard d’euros), dont 51,2% passées par les collectivités territoriales. Or ces dernières sont confrontées elles aussi à des difficultés financières. Lors d’une conférence des grands donneurs d’ordre public organisée le 20 février dernier à Nancy, le Département de la Meurthe-et-Moselle, a notamment annoncé des investissements en retrait de 13 millions d’euros. Sur trois ans, ils seront réduits de moitié pour la Communauté urbaine du Grand Nancy, de 180 millions d’euros en 2014 à 90 millions en 2016. Voilà pour la tendance. Certes, à Nancy comme à Metz, quelques grands travaux devraient permettre de mettre un peu de beurre dans les épinards en attendant une reprise plus franche de l’économie : la rénovation du Centre Saint-Sébastien, la construction du Centre des Congrès à Metz, le projet TerraLorraine… Et s’il faut tirer un trait sur la gare TGV de Vandières, la construction de l’A31 bis est toujours d’actualité, en mesure d’apporter une véritable bouffée d’oxygène au BTP avec un investissement annoncé de 1,4 milliards d’euros. Mais reste tout de même à savoir qui va obtenir ces marchés et dans quelles conditions. La concurrence exacerbée risque fort d’élimer encore des marges déjà en mauvaise état et de balayer les entreprises les plus fragiles. « Si rien n’est fait pour inverser la tendance et pour maintenir en état notre patrimoine, ce sont des dizaines d’entreprises lorraines qui vont disparaître et des emplois détruits à hauteur de 1700 » a prévenu Patrice Haltebourg, le président de la FRTP Lorraine, en décembre dernier.