SORTIE LE 19 JUILLET 2017

Avec Dunkerque, Christopher Nolan revisite un épisode mal connu de la Seconde Guerre mondiale : l’évacuation de plus de 300 000 soldats britanniques et français pris en tenaille par les Allemands au début du conflit. Une belle aubaine pour la ville du Nord qui entend exploiter le filon et valoriser son image.

Si le débarquement du 6 juin 1944 a marqué les mémoires et constitue encore aujourd’hui une opération sans précédent, l’épisode chevauchant les mois de mai et juin 1940 mérite aussi une mention. On parle du sauvetage miraculeux d’un corps expéditionnaire allié encerclé par la Wehrmacht dans la fameuse « poche de Dunkerque ». Un véritable casse-tête au cœur de l’enfer, alors que le nombre de bateaux était insuffisant pour convoyer plus de 300 000 soldats britanniques et français vers l’Angleterre.

C’est cette histoire, restée célèbre sous le nom de code Dynamo (lire autre texte), avec sa célèbre flotille hétéroclite de « little ships » qui se porteront au secours des militaires pris au piège, que le cinéaste anglais Christopher Nolan raconte dans son nouveau film, baptisé sobrement Dunkerque, lequel jure dans sa filmographie teintée de fantastique.

« Tous les Britanniques ont grandi avec cette histoire marquante de la Seconde Guerre mondiale. Dunkerque est dans notre ADN. » Pour le natif de Westminster, ce projet a une saveur particulière, comme il l’a souligné dans un entretien accordé à l’Associated Press. « Tous les Britanniques ont grandi avec cette histoire marquante de la Seconde Guerre mondiale. Dunkerque est dans notre ADN. » Le réalisateur de la trilogie Dark Knight a également précisé qu’il ne s’agissait pas d’un film de guerre mais plutôt « une histoire de survie et avant tout un film de suspens ». Les images dévoilées dans la bande annonce, avec son atmosphère oppressante et son danger venant du ciel, donnent du crédit à cette confidence.

Cette superproduction arrive à point nommé pour la ville des Hauts-de-France, bien décidée à redorer son image. Les acteurs locaux, le maire et cinéphile averti Patrice Vergriete en tête, se sont retroussés les manches pour obtenir le tournage dans la station balnéaire, conscients des retombées touristiques et économiques que ce long-métrage pouvait engendrer, en particulier si le succès est au rendez-vous. Rien que pendant la réalisation de cette œuvre historique qui a duré 26 jours, les recettes se sont chiffrées à près de 5 millions d’euros en sécurité, en hébergements et en restauration.

La cité de Jean Bart entend maximiser l’impact de la production Warner. Elle a d’ailleurs mis sur pied toute une série d’événements pour accompagner la sortie du long-métrage, dont des expositions, des conférences ou encore les Dynamo Tours, qui passe en revue les sites dunkerquois liés à la bataille et à l’opération de sauvetage. Un restaurant doit même ouvrir ses portes sur le Princess Elizabeth, un bateau à roues à aubes qui a servi à évacuer les alliés durant la fameuse mission.

Au-delà de l’enjeu économique, le maire de la ville espère aussi que Dunkerque permettra de changer la perception des événements. Car si pour les Britanniques, cette bataille est considérée comme une victoire, elle porte le poids de la défaite du côté français.


LE MIRACLE DYNAMO

L’opération Dynamo, visant à évacuer les troupes anglaises et françaises prisonnières de la poche de Dunkerque, a souvent été qualifiée de miracle. Durant les 9 jours que durera ce sauvetage réalisé dans des conditions inouïes du 26 mai au 4 juin 1940, près 340 000 combattants, dont environ 123 000 français, seront secourus et acheminés vers l’Angleterre. Subissant la pression de la Wehrmacht, qui a réussi à les encercler après une guerre éclair, et dont l’aviation mitraille notamment les plages, les alliés engageront une véritable course contre le temps en mobilisant tous les bateaux disponibles pour constituer une flotte d’évacuation, jusqu’aux plus improbables, comme des chalutiers ou des yachts, pourvu qu’ils soient capables d’atteindre le rivage. Ils iront même jusqu’à établir des digues de fortune à l’aide de camions immergés pour rapprocher le plus possible les hommes des embarcations. Ils recevront aussi le renfort d’une trentaine de caboteurs néerlandais, qui sauveront quelque 23 000 hommes.