SORTIE LE 25 DÉCEMBRE

Après avoir enflammé les scènes du monde entier, la mythique comédie musicale Cats fait son entrée au cinéma. Si la distribution s’avère alléchante, le traitement numérique des personnages a fait feuler les puristes.

Elle a ronronné à Londres et Broadway durant plusieurs années, et fait miauler de plaisir des millions de spectateurs à travers la planète. La célèbre comédie musicale Cats (lire ci dessous) s’apprête à envahir les écrans de l’Hexagone, sous la conduite de Tom Hooper. Le cinéaste britannique avait déjà livré une version chantée des Misérables en 2012, avec, dans les rôles-titres, les acteurs Hugh Jackman et Russel Crowe.

Pour donner corps à cette œuvre féline, qui a fait basculer le monde des comédies musicales dans une nouvelle ère, Tom Hooper s’est entouré d’une distribution alléchante, où l’on retrouve notamment Jennifer Hudson, Judi Dench, Ian McKellen Idris Elba, Taylor Swift et James Corden. Ces derniers ont vu leur visage intégrés sur des créatures numérisées. Et c’est là que le bât blesse, à en juger par le torrent de réactions que ce traitement a déclenché sur « Au théâtre, Cats montrait des personnages humains qui explorent leur nature féline. Ça aurait été trop facile de les transformer en chats au cinéma. Et trahi le sens de la pièce, qui a eu un énorme succès. »internet. Les puristes ont tiré à boulets rouges sur ce choix esthétique, les commentaires oscillant entre rire et gêne. Beaucoup ont déploré l’aspect trop humain des chats sur les réseaux sociaux, le fait que leur silhouette adopte des courbes trop sexy, ou encore que leur visage soit trop terrifiant. Face à cette controverse, le comédien Ian McKellen est monté au créneau pour défendre Tom Hooper. « Au théâtre, Cats montrait des personnages humains qui explorent leur nature féline. Ça aurait été trop facile de les transformer en chats au cinéma. Et trahi le sens de la pièce, qui a eu un énorme succès. »

Reste l’histoire, qui demeure inchangée. Pour mémoire : tous ces minous à taille humaine – les Jellicle Cats – se rassemblent une fois par an lors d’une nuit extraordinaire pour assister à un grand bal félin. Durant l’événement, leur figure de proue, le Vieux Deutéronome (dans une version féminine incarnée par Judi Dench) choisit un heureux élu pour rejoindre un paradis, dans lequel il pourra renaître et commencer une nouvelle vie.

Cats est aussi, bien évidemment, une affaire de chansons, dont la plus emblématique est sans nul doute Memory, signée Trevor Nunn, qui a été popularisée par Barbra Streisand, mais repris également par Elaine Paige et Susan Boyle. Un morceau a également été spécialement conçu pour l’adaptation cinématographique produite par Steven Spielberg. Intitulé Beautiful Ghosts, il a été écrit par Andrew Lloyd Webber et Taylor Swift, qui fait une apparition dans la peau de Bombalurina. Ce nouvel extrait est destiné à Victoria, campé par la danseuse Francesca Hayward, qui a un rôle prédominant dans ce long-métrage très attendu, qui fera miauler… ou feuler.


Miaulement planétaire

En matière de comédies musicales, Cats occupe assurément une place à part. Depuis sa première apparition en 1981, ce spectacle très physique a aligné les records et les récompenses. Si l’on avait dit à son chef d’orchestre, Andrew Lloyd Webber, que cette histoire de chats sauvages et insolents serait traduite dans une vingtaine de langues, exportée dans une trentaine de pays et vue par plus de 70 millions de spectateurs, sans doute ne l’aurait-il pas cru. Inspirée du recueil de poèmes pour enfants Old Possum’s Bookmaker of Practical Cats, de l’Américain T.S. Elliot, Cats est devenue une véritable institution au Royaume-Uni. La comédie musicale a été jouée plus de 9 000 fois à Londres et près de 7 500 fois à Broadway, entre 1982 et 2000. La France lui décernera le Molière du meilleur spectacle de l’année en 1989. Sa dernière apparition dans l’Hexagone remonte à octobre 2015. Après 26 ans d’absence, la troupe avait alors enchaîné 90 représentations au théâtre Mogador, l’ultime spectacle ayant eu lieu le 10 janvier 2016.