C’est un monument de la musique africaine que recevra la Philharmonie Luxembourg le 27 septembre. La voix grave et éraillée de l’Angolais Bonga réchauffera le Grand Auditorium, dans le cadre de la 4e édition du festival atlântico.

Sa musique est reconnaissable entre mille, tout comme son grain de voix, empreint de la chaleur de son pays, l’Angola. Bonga s’amène au Luxembourg avec une aura grande comme l’Afrique justement. Derrière ce nom d’artiste se cache un artiste d’envergure doublé d’un militant dont le grand combat aura été l’indépendance de son pays, sous domination portugaise jusqu’en 1975. Né José Adelino Barcelo de Carvalho en 1943 à Kipiri, le musicien de 76 ans aura mené une vie mouvementée, partagée entre ses convictions politiques, qui le forceront à l’exil à l’âge de 23 ans, et cette musique pour laquelle il semblait programmé, lui qui fut champion portugais du 400 m avant de délaisser la course pour une carrière sur les scènes du monde entier. L’homme aux 400 chansons, comme il aime se présenter, se produira au Luxembourg dans le cadre de la 4e édition du festival atlântico, dévolu aux traditions musicales portugaises, où il sera entouré de 4 musiciens. Inutile de dire que Bonga jouera de la dikanza, ce bambou strié gratté avec une baguette, un instrument apprivoisé dès l’âge de 10 ans pour accompagner son père, violoniste à ses heures. Durant sa riche carrière, étalée sur une quarantaine d’années et auréolée de nombreux disques d’or et de platine, l’icône du semba (une musique urbaine angolaise née dans les années 50), aura produit une trentaine d’albums, dont quelques incontournables comme Angola 74, réalisé lors de sa période parisienne après un séjour à Rotterdam, berceau de son premier disque, Angola 72. Un opus qui contient la fameuse chanson Sodade, qui sera propulsée deux décennies plus tard par la diva cap-verdienne Cesária Évora.

Vendredi 27 septembre, à 20h, dans le Grand Auditorium de la Philharmonie Luxembourg

Diva hors-la-loi

Les amateurs de fado seront choyés le 28 septembre avec la venue d’Ana Moura, sans doute l’une des plus belles voix actuelles dans ce registre, que l’on pourrait qualifier de blues portugais. La fille de Lisbonne n’aura pas tardé à faire parler son talent dans les maisons du fado de son pays, avant d’être repérée par un producteur local. Aujourd’hui, elle promène son fado libre et sensuel sur les scènes de la planète. Lauréate de deux Golden Globes, celle qui a vendu plus de 300 000 albums oscille dans un registre où se mêlent tradition et modernité. Car si elle dit respecter l’héritage de ses ancêtres – à commencer par l’emblématique Amália Rodrigues – la native de Santarem éprouve aussi le besoin viscéral de mélanger les genres, elle qui n’a pas hésité à se produire aux côtés des Rolling Stones, Prince ou encore Herbie Hancock. Avec Ana Moura, les frontières musicales deviennent poreuses, au grand dam des puristes du fado, les fadistas, qui lui ont reproché d’être impure et hors-la-loi, ce qui fait rire cette diva de 40 ans, dont le dernier album, Moura, est sorti en 2017.

Samedi 28 septembre, à 20h dans le Grand Auditorium

 


Selma Uamusse : Entre tradition et modernité

Révélée en 2018 avec la sortie de son premier album, intitulé Mati, où elle explore ses racines et exprime sa propre spiritualité, Selma Uamusse fera jaillir sa voix puissante et chaude dans la Salle de Musique de Chambre. Entourée de trois musiciens, la chanteuse mozambicaine, qui vit au Portugal depuis 1988, est autant appréciée pour son énergie que sa joie de vivre débordante. Son univers musical  bâtit un pont entre les sonorités traditionnelles de son pays natal et la richesse électronique de son Europe d’adoption.

Mercredi 25 septembre, à 19h à la Salle de Musique de Chambre

Carlos Bica & Azul : Trio soudé

Plus de 20 ans qu’ils collaborent ensemble. « Ils », ce sont le guitariste Frank Möbus et le batteur Jim Black, qui accompagnent le contrebassiste et compositeur Carlos Bica, né à Lisbonne et résidant en Allemagne, figure de proue de ce trio aimant exploiter la richesse du jazz. Un trio auréolé de 6 albums et d’une solide réputation, confortée avec leur plus récent matériel, More Than This, sorti en 2017, qui a été salué par la critique. Un opus minimaliste, qualifié de joyau par certains, propice au recueillement et à l’introspection, qui aura sans doute droit à sa part de gâteau lors de la soirée du 26 septembre.

Jeudi 26 septembre, à 20h à la Salle de Musique de Chambre

 


Sérgio Godinho : L’incontournable

Il est, avec Zeca Afonso, l’une des figures les plus appréciées et respectées de la musique populaire au Portugal. C’est dire si la Philharmonie Luxembourg recevra de la belle visite avec Sérgio Godinho, qui sera accompagné sur scène du pianiste Filipe Raposo. Le chanteur, compositeur et poète né à Porto compte plus de 40 ans de carrière et pas loin de 30 albums, dont le plus récent, Nação Valente, est paru en 2018. Les chansons de cette plume très appréciée auront accompagné l’histoire du Portugal. Rendez-vous est pris pour en écouter quelques extraits.

Dimanche 29 septembre, à 19h à la Salle de Musique de Chambre