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Avec ZF et SHS, ce sont les deux plus gros employeurs de Sarre qui viennent d’annoncer des suppressions drastiques de postes. Cette crise inédite soulève les problèmes d’une région qui peine à réussir sa transformation structurelle.

Après la fin des mines, la Sarre avait parié sur l’acier et l’industrie automobile. Avec succès puisque la région était devenue terre d’accueil pour des constructeurs et de très nombreux fabricants de pièces détachées. Seulement voilà, depuis la crise du diesel l’automobile est devenu à son tour un secteur en crise. Les conséquences se font sentir depuis des mois, même si les baisses de commandes concernaient jusqu’alors surtout des PME. La fonderie Halberg Guss, en procédure de liquidation judiciaire, a montré un premier aperçu de ce que cette conjoncture négative pourrait signifier sur une entreprise de taille plus importante. Avec les annonces faites par ZF et Saarstahl cette semaine, cette crise prend une toute autre dimension. D’ici 2023, le fabricant de boîtes de vitesse automatique ZF pourrait supprimer jusqu’à 4 000 emplois sur le site de Sarrebruck. Cela représente presque un quart des effectifs. Une partie de la production sera délocalisée vers les Etats-Unis et la Hongrie où les coûts de production sont moins élevés. C’est également pour rester compétitive sur le marché de l’acier mis sous une pression extrême par la production chinoise d’un côté et les taxes de l’autre que la Stahl-Holding-Saar (Dillinger Hütte et Saarstahl) quant à elle a annoncé la suppression de 1 500 postes sur les trois prochaines années. La société espère économiser ainsi 250 millions d’euro. Ce qui s’annonce comme une catastrophe d’ampleur sans précédent sur le marché de l’emploi sarrois représente également un gros point d’interrogation concernant l’avenir économique de cette région. A l’exception de quelques pépites dans le domaine de l’informatique et de l’intelligence artificielle, qui ne réussiront pas à créer autant d’emplois que ceux supprimés dans l’industrie, aucun schéma de transformation structurelle cohérente n’est pour l’instant reconnaissable.