Bernard Charles, Président-directeur général de Dassault Systèmes et Pierre Mutzenhardt, Président de l’Université de Lorraine, en mars dernier lors de l’inauguration des nouveaux bâtiments de l’UFR MIM et du LEM3 © Droits Réservés

Avec son approche innovante, MISTA, la future école d’ingénieurs de Metz fait l’unanimité auprès des élus lorrains et du monde économique. Aboutissement de 4 années de travail acharné, le projet devait voir le jour à la rentrée 2018/2019. Il peine pourtant aujourd’hui à se concrétiser…

« Je suis très fier de la création future de l’école d’ingénieurs MISTA (Management, Ingénierie, Sciences et Technologies avancées) au sein de l’Université de Lorraine et avec les partenaires territoriaux. Elle formera des ingénieurs-managers dans une approche systémique pour préparer l’industrie de demain », déclarait Bernard Charles, en mars dernier, lors de l’inauguration des nouveaux bâtiments de l’UFR MIM et du LEM3 de l’Université de Lorraine. Le Président-directeur général de Dassault Systèmes, le géant industriel des outils numériques, confirmait ainsi son soutien au projet MISTA sur lequel planche une petite équipe dirigée par Nidhal Rezg, administrateur (provisoire) de l’UFR MIM, depuis 4 ans. Voté à l’unanimité par le conseil du collégium des écoles d’ingénieurs de l’Université de Lorraine, en 2016, MISTA bénéficie également du soutien de nombreux élus mosellans et plus particulièrement encore messins (voir ci-dessous), tant il répond à un besoin. Si l’Université de Lorraine compte une dizaine d’écoles d’ingénieurs, Metz n’en compte qu’une seule : l’ENIM (École Nationale d’Ingénieurs de Metz). Si MISTA permettrait donc à Metz et à Metz Métropole de combler un déficit dans les cursus ingénieur, le projet a également pour intérêt de générer de la valeur ajoutée au bénéficie de l’ensemble des écoles d’ingénieurs de Lorraine. Cet « enrichissement » se traduit de multiples manières. Le projet prévoit, par exemple, la mise en place d’un « recrutement » favorisant l’intégration de profils complémentaires à l’existant mais permettant, également, à des jeunes n’ayant pas forcément brillés au lycée d’entamer des études d’ingénieurs via l’instauration d’un cycle probatoire. Autre caractéristique originale, sur le plan pédagogique, cette fois, l’école sera trilingue (français-allemand-anglais) et l’accent sera mis sur les stages et le management de projets. Enfin, comme l’a souligné Bernard Charles, les quatre orientations offertes par MISTA sont pertinentes et innovantes au regard de l’industrie du futur et 4.0 : Mécanique Digitale, Construction Déconstruction des Ouvrages via le Numérique, Logistique et Transport via le Numérique et Maîtrise Optimale des Systèmes Incertains via le Numérique. Seule petite ombre dans ce tableau flatteur, comme le confirme les réactions des élus ci-contre, la création de la deuxième école d’ingénieurs de Metz, annoncée pour 2019, semble patiner depuis quelques mois suite à des pressions au sein même de l’Université de Lorraine. Et ceci, alors que MISTA a pourtant bénéficié d’un vote unanime par le conseil du collégium des écoles d’ingénieurs de l’Université de Lorraine actant son projet de création.


RÉACTIONS

PATRICK WEITENPrésident du Conseil départemental de la Moselle / Indépendant

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« Je ne peux imaginer que le projet MISTA ne puisse voir le jour ! »

« Le Département soutient et soutiendra avec conviction et détermination ce projet d’ouverture d’école d’ingénieurs parce que celui-ci propose une offre nouvelle en Moselle. Elle enrichit de fait l’attractivité de notre territoire. Il va sans dire que ce dossier est suffisamment avancé et ne saurait rencontrer d’obstacle objectif à sa concrétisation dans les plus brefs délais, c’est-à-dire à la rentrée 2019/2020. (…) Car je ne peux imaginer que le projet MISTA ne puisse voir le jour ! J’ai donc décidé d’écrire au Président Mutzenhardt, avec copie à Frédérique Vidal, Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, pour lui rappeler combien la Moselle compte sur la présence d’une seconde école d’ingénieurs sur son territoire ».

 

 

RICHARD LIOGERDéputé de la Moselle / LREM

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« Un projet intéressant qui doit aboutir »

« Le projet est pertinent et il bénéficie du soutien de Dassault Systèmes, ce qui n’est pas rien. Cette école d’ingénieur a toute sa place sur notre territoire. Il y a quelques mois de cela, avec d’autres parlementaires de la Moselle, j’ai signé une lettre de soutien en faveur de MISTA. Je sais que le projet patine pour l’heure pour cause de désaccords entre les porteurs du projet et la présidence de l’Université de Lorraine. Et j’espère que cela va se clarifier car, je me répète, c’est un projet intéressant qui doit aboutir ».

 

 

 

DOMINIQUE GROSMaire de Metz / PS

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« Il est temps désormais de passer aux actes »

« J’ai été un partisan du rapprochement des universités de Lorraine et l’on constate que tout le monde est aujourd’hui gagnant en travaillant en harmonie. Je suis de près le projet MISTA car il me semble très intéressant. La Lorraine compte 9 écoles d’ingénieurs dont une seule à Metz. Il est donc judicieux d’agir pour en créer une nouvelle, pour notre territoire et pour notre jeunesse. Ce projet a fait l’objet d’un vote à l’unanimité par le conseil du collégium des écoles d’ingénieurs de l’Université de Lorraine, il est donc désormais temps de passer aux actes. Un recul aujourd’hui serait mal accepté, à juste titre, il faut donc avancer pour le bien de tous ».

 

 

GILBERT KRAUSENERVice-président de Metz-Métropole chargé de l’enseignement supérieur

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« MISTA apporte des réponses judicieuses »

«Le nombre de jeunes ingénieurs diplômés est en progression en France, de 3,5 % par an. Strasbourg ou le Grand Nancy, pour ne prendre que ces deux exemples, s’inscrivent dans cette tendance mais pas Metz Métropole. Au contraire, la tendance est même à la baisse. Il faut donc faire MISTA car nous enregistrons un déficit en nombre d’ingénieurs alors que notre terre est industrielle. C’est même urgent car nous ne répondons pas aux besoins. Et puis, ce projet est également intéressant sur son mode de recrutement post Bac qui favorisera, notamment, l’accès à des études d’ingénieur, à de jeunes étudiants issus de milieux plus modestes. Les fils d’ouvriers ne représentent que 5,8 % des ingénieurs. Dans ce domaine, aussi, MISTA apporte des réponses judicieuses ».