Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la Suisse est épargnée : alors que ses pays voisins se sont entretués et sortent ravagés du conflit, la nation helvétique est restée neutre et n’a pas pris part aux combats. Mais son attitude dans l’immédiat après-guerre est pour le moins ambigüe : c’est à travers la chronique d’une famille d’industriels du textile suisse que la scénariste Petra Volpe jette un regard critique sur la complexité et l’ambivalence du rôle joué par la Suisse juste après 1945. Au premier plan, on retrouve des jeunes gens pleins d’idéaux et de courage, qui se mobilisent pour aider leurs prochain : c’est ainsi que Klara, la fille de l’industriel, s’engage dans un foyer de la Croix-Rouge afin de porter secours à des rescapés du camp de Buchenwald. Son époux Johann souhaite, quant à lui, faire grandir l’entreprise familiale afin de donner du travail aux demandeurs. Et le frère de ce dernier se sert de son statut de policier pour traquer les nazis réfugiés en Suisse. Mais en arrière-plan, on devine la façon dont la Suisse n’a pas été épargnée par le climat antisémite ambiant et s’est accommodée de la guerre, faisant notamment de l’Allemagne son partenaire financier privilégié. Une période de l’histoire aussi méconnue que trouble, et pourtant nécessaire au devoir de mémoire.

Retrouvez la série Le prix de la paix sur www.arte.tv