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Les Européens ont désigné leurs 751 députés qui siègeront au Parlement européen pour 5 ans. Les principaux enseignements du scrutin.

Une participation forte

Si la participation a été forte en France (52,7 %), c’est également le cas dans 20 des 28 pays qui ont voté. Avec un taux (global) de participation de 50,94 %, il faut remonter à 1994 pour trouver mieux. C’est en Espagne que la progression a été la plus forte avec une hausse de plus de 15 points par rapport à 2014, de 48,8 % à 64,3 %. L’Espagne est l’un des pays où la population s’est le plus mobilisé, derrière le Luxembourg ou la Belgique où le vote est obligatoire (plus de 84 % des électeurs y ont voté). Les Polonais (+19,2 %) et les Roumains (+16,6 %) se sont aussi rendus plus nombreux dans les bureaux de vote.

L’extrême droite en progression

Le Rassemblement National est sorti en tête des urnes, en France, avec 23,3 % des voix. L’extrême droite s’est également illustrée en Italie avec 34,27 % des suffrages (contre 6,15 % en 2014). Elle progresse dans différents pays comme la Belgique. Vlaams Belang (très à droite), en Flandres, a triplé son score, ce qui risque de compliquer encore un peu plus la gouvernance du pays (la Wallonie a privilégié le PS et les Verts). La Suède enregistre également une montée des extrémistes de droite tout comme l’Espagne (même s’ils restent peu nombreux). Environ 115 députés (tout dépend des « groupes » que l’on y intègre) européens d’extrême-droite siègeront à Strasbourg, c’est trois fois plus qu’en 2014. Cela dit, il n’y a pas eu de « vague noire ». Elle recule aussi fortement dans certains pays, notamment au Danemark, en passant de 26,6 % des voix en 2014 à environ 11 %.

La droite et la gauche à la manœuvre, mais…

Le PPE (Parti Populaire Européen) et le S&D (Socialistes & Démocrates), qui représentent la droite et la gauche traditionnelles, restent les groupes les plus importants du Parlement européen. Mais ils affichent des scores en retrait et le duo n’atteint plus la majorité absolue (180 sièges pour PPE et 146 pour S&D, sur 751) qui lui permettait de négocier la présidence et d’occuper les présidences des principales commissions. Ensemble, ils conservent de la marge de manœuvre mais les négociations concernant la présidence et la vice-présidence de la Commission (ils devraient être connus fin juin) mais également de la présidence de la BCE (Banque Centrale Européenne) ou du Parlement, s’annoncent âpres. Il leur faudra « s’entendre » avec un autre groupe politique pour former une majorité. Cela pourrait, entre autres, profiter, aux Verts et au groupe « ADLE&R – Groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe + Renaissance + USR PLUS » qui dispose de 109 sièges, grâce, notamment, à la République en Marche.

La percée des écologistes

Les observateurs tablaient sur un recul du Groupe Verts, finalement il progresse et voit son groupe passer de 52 à 69 députés. Les « 28 » ne sont pas au diapason en termes de votes. La poussée « écolo » repose sur quelques pays : l’Irlande, la Belgique, la France (12,8 %), la Finlande et l’Allemagne. En Allemagne, Les Grünen (Verts) se hissent à la deuxième place du scrutin avec 20,5 % des voix. Au Luxembourg, le parti écologiste arrive en 3e position avec 18,9 % des suffrages.


Les missions des députés européens

Les députés européens sont élus au suffrage universel par leurs concitoyens nationaux, pour 5 ans. Avec le Conseil (des ministres) de l’Union européenne, le Parlement européen occupe le pouvoir législatif au sein de l’UE. Une fois les élections terminées, les députés élus doivent décider du groupe politique qu’ils souhaitent intégrer (ou former) au sein du Parlement. Les groupes sont composés de membres de différents pays partageant des affinités politiques. Au quotidien, lorsqu’ils ne sont pas actifs dans leur circonscription, ils participent essentiellement à des commissions thématiques – permanentes ou non – pour l’étude de textes. Ils peuvent aussi prétendre à différentes responsabilités : présidence, vice-présidence (il y en a 14), président et vice-président de commission, rapporteur (sa mission est de présenter les travaux de la commission aux autres députés lors des sessions plénières) ou bien encore questeur. Il y a 5 questeurs et ils complètent le bureau formé du président et des vice-présidents, qui assure la gestion administrative du Parlement.