Ernest et Célestine qui a décroché un César en 2013 est une coproduction luxembourgeoise (Melusine Productions et Studio 352). Mr Hublot qui a obtenu l’Oscar du meilleur court-métrage d’animation en 2014, a été fabriqué au Luxembourg. En à peine 25 ans, l’industrie cinématographique luxembourgeoise a réussi à se faire une place sur la scène internationale.

ernest-et-celestine (© DR)Ajoutons encore qu’en 2015, le film d’animation franco-luxembourgeois Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill, a été nommé au César tandis que le long-métrage d’animation Song of the sea réalisé par Tomm Moore et coproduit par Melusine Productions (Stephan Roelants) au Studio 352 à Contern a été sélectionné pour l’Oscar du meilleur film d’animation par l’Académie des arts et des sciences du cinéma. Il a également décroché un prix à Tokyo, en mars dernier.

Pas mal pour une industrie toute récente. Si comme partout, il s’est toujours fait des courts-métrages et des documentaires, c’est en 1989 que Le Luxembourg s’engage dans le développement d’une véritable industrie cinématographique. Le gouvernement décide alors pour la première fois d’investir dans la production d’un film (Schacko Klak, réalisé par Paul Kieffer et Frank Hoffmann) tourné à l’occasion du 150ème anniversaire de l’indépendance du pays. Cette expérience va favoriser le développement du secteur audiovisuel. Plusieurs mécanismes et aides financières sont créés : le Centre national de l’audiovisuel (CNA) en 1989 qui a pour but a pour mission de collecter, de restaurer, de préserver et de diffuser le patrimoine audiovisuel national et, en 1990, le Fonds national de soutien à la production audiovisuelle (Filmfund) qui a pour mission de soutenir la création et l’industrie audiovisuelle grâce à des aides à l’écriture et au développement, des aides à la production et des aides à la distribution destinées à des films de fiction, des films d’animation, des courts-métrages et des documentaires. Ce sont environ 30 millions d’euros qui sont ainsi injectés dans l’industrie cinématographique, chaque année.

Le Luxembourg s’engage dans le développement d’une véritable industrie.

La production audiovisuelle fait aujourd’hui vivre environ 600 personnes au Luxembourg, des producteurs, artistes, techniciens ainsi qu’une vingtaine de réalisateurs. Une trentaine de société de services spécialisées et une vingtaine de sociétés de production sont également actives. Depuis 2013, un nouveau cap a également été franchi en matière d’infrastructures. Six producteurs Iris Productions, Samsa film, Tarantula, Bidibul, Paul Thiltges Distribution et Lucil Film se sont notamment associés pour créer Filmland, à Kehlen. Cet espace abrite 4 000 m2 de studios équipés, de bureaux de production et des services de post-production. De nombreux tournages sont programmés pour les mois et les années à venir. Ils s’ajouteront à la vingtaine de productions ou co-productions luxembourgeoises qui sortent sur les grands écrans, tous les ans. De nombreux films se tournent également régulièrement au Luxembourg, dans des décors naturels. Depuis les années 1990, John Malkovich, Nicolas Cage, Gérard Depardieu ou Catherine Deneuve, pour ne citer que quelques comédiens célèbres, ont ainsi déjà exercé leurs talents sur le sol luxembourgeois.

Le cinéma luxembourgeois profite aussi de ce dynamisme pour parfaire la professionnalisation des « acteurs » locaux et susciter de nouvelles ambitions parmi les jeunes producteurs et réalisateurs luxembourgeois. Créée en 2012, par les associations de techniciens du film (Alta), des réalisateurs et scénaristes (Lars), des comédiens (actors.lu) et des producteurs (Ulpa), D’Filmakademie s’attache à promouvoir la création locale, via, entre autres, le festival « Lëtzebuerger Filmpräis », organisé tous les deux ans. Le prochain rendez-vous de « cette fête de famille » est programmé pour 2016. Depuis quelques années, se tient aussi le Discovery Zone, Luxembourg City Film Festival.


EN WALLONIE ET EN LORRAINE AUSSI

Le Luxembourg n’est pas le seul partenaire de la Grande région à afficher des ambitions dans le domaine du cinéma, de l’image ou du film d’animation. La Lorraine aussi accueille des tournages et des festivals (Gérardmer, Créajeune…) et propose des aides financières. De nombreuses formations, conférences et autres « résidences » sont également programmées.

www.filmsenlorraine.com

La Wallonie n’est pas en reste. La patrie de Benoît Poelvoorde, François Damiens ou bien encore des frères Dardenne dispose notamment d’un organisme intitulé CinemaWallonia qui, lui aussi, développe toute une palette de services : recherche de décors, financement, formations…

www.wallimage.be
www.cinemawallonia.bir