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Si la réforme est validée, le Luxembourg devra indemniser « ses » chômeurs frontaliers. Mais le pays, compte tenu de l’importance du travail frontalier, a obtenu un délai.

Les règles relatives à l’indemnisation des chômeurs vont changer. Le frontalier qui travaille dans un pays voisin du sien, pendant plus de 6 mois, sera pris en charge par l’assurance-chômage du pays où il est employé. Ainsi en ont décidé les instances européennes (la Commission, le Conseil et le Parlement) qui ont négocié un accord en ce sens. Pour être validée, la réforme doit encore être présentée puis votée par le Parlement européen, avant la fin de la législature actuelle, fin juin. L’UE compte environ 1,1 million de travailleurs frontaliers comptabilisés par Eurostat. Si la nouvelle est appréciée par différents pays, la France, notamment, qui va économiser plusieurs centaines de millions d’euros, elle va peser sur les budgets d’autres. Le Luxembourg qui compte 45 % de travailleurs frontaliers dans sa population active selon les données du Statec, en fait partie. Mais le Grand-duché a négocié un délai. La mesure ne devrait entrer en vigueur qu’en 2026, contre 2021 dans les autres pays car il va falloir adapter les structures afin de pouvoir assurer la gestion de deux fois plus de personnes qu’aujourd’hui (de 15 000 à environ 30 000). À noter que la Suisse où travaillent de très nombreux Français, n’est pas concernée par cette réforme, qui ne concerne que les pays membres de l’Union. Ces nouvelles règles ne sont pas toujours une bonne nouvelle pour les travailleurs frontaliers français dans la mesure où les calculs des indemnités et les durées d’indemnisation sont, dans certains cas, moins intéressants que ce qui se pratique en France. Par exemple, au Luxembourg, la durée maximale d’indemnisation est de douze mois, contre 24 dans l’Hexagone.