Michel-Edouard Ruben© DR

Dans l’une de ses dernières études, la Fondation Idea revient sur l’état de l’économie luxembourgeoise alors que sévissent crises sanitaire, sociale et économique. Pour aider le pays qui pourrait connaître sa plus sévère récession depuis 1975, à se relever, l’économiste Michel-Edouard Ruben plaide pour un soutien plus affirmé aux entreprises.

Au Luxembourg, deux plans de stabilisation et de renouveau – pouvant mobiliser jusqu’à 11 milliards d’euros – ont été mis en place afin de préserver l’emploi et le tissu productif alors que les crises sanitaire, sociale et économique sévissent. Si le Grand-duché s’en sort plutôt bien jusqu’à présent, en comparaison avec les autres pays européens, il n’est pas sorti d’affaires pour autant. « Malgré ses interventions, le Grand-Duché pourrait connaître sa plus sévère récession depuis 1975, une perspective de nature à éroder la confiance des agents économiques et à peser sur leurs comportements d’arbitrage entre consommation, investissements, et épargne », écrit Michel-Edouard Ruben, économiste au sein de la Fondation Idea, le « Think Tank » de la Chambre de Commerce qui consacre un rapport (Décryptage n°11 : Soutenir autant que possible, sauver autant que nécessaire ! ) à la situation économique du Luxembourg. Selon l’économiste, le PIB national pourrait se contracter de 5,5 % pour revenir en 2020 au niveau qui était le sien … en 2017. Depuis les années 70, ce serait le sixième épisode la sorte après les reculs de 1975, 1981, 2008, 2009, 2012. Le cas présent, la donne est un peu différente. La crise est grave et surtout elle pourrait s’avérer durable car l’incertitude règne dans bien des domaines. D’où la nécessité pour le Luxembourg de continuer « soutenir autant que possible et sauver autant que nécessaire les entreprises afin de préserver les emplois », aussi longtemps que l’économie n’aura pas réellement redémarré. Michel-Edouard Ruben suggère notamment de compléter au besoin le plan de renouveau (Neistart Letzebuerg) et d’aller « jusqu’à décider d’aider les entreprises (sans distinction de taille ni de secteur) à restaurer leur bilan et préserver leur solvabilité ». La Fondation évoque, notamment, une réduction de 50 % des taux   de cotisations patronales, salariales et des indépendants durant 3 mois. « Cela coûterait à l’Etat moins de 1,5 % de PIB et participerait à améliorer la solvabilité de toutes les entreprises », précise l’étude qui est disponible en ligne : www.fondation-idea.lu