Sur Arte Mini-Série

Portugal, 1973. Un an avant la Révolution des Œillets qui entraîne le renversement de la dictature salazariste, João Fernandes (Albano Jeronimo) reçoit la visite aussi impromptue qu’indésirable du ministre de l’Intérieur. Celui-ci sollicite l’aide du riche propriétaire terrien (dont la famille possède un vaste domaine agricole) au sujet de l’Angola, colonie que le gouvernement, mis à mal, souhaite à tout prix conserver. Le représentant de l’État demande l’appui de João, beau-fils d’un illustre général. L’homme ne l’entend pas de cette oreille et refuse : il s’est toujours tenu à distance du régime. Patron intransigeant mais favorable à plus de progressisme, il va même jusqu’à tolérer ses ouvriers communistes. Dans le second épisode, la révolution est mise en scène. Le dernier épisode prend place en 1991, alors qu’un effroyable secret menace d’être révélé et d’ébranler la famille, écrasée par le poids des non-dits. Le Domaine est une chronique familiale qui a d’abord été pensé comme un film : en trois parties d’un peu moins d’une heure, le réalisateur Tiago Guedes dépeint les mutations sociales qu’a vécues la société portugaise. On est alors plongé dans une fresque historique aux allures de western, dénué ou presque de musique, entre lutte des classes et rapport de force.