d’Éric Pessan, éd. Albin Michel.

LE-DÉMON-AVANCE-TOUJOURS-EN-LIGNE-DROITE (© DR)Le démon dont il est question est le poids de l’hérédité et du destin. Dans le cas du narrateur, il agit bien en ligne droite, de père en fils. David le Magne n’a jamais connu ni son père ni son grand-père. Il a été élevé par des femmes, sa mère et sa grand-mère paternelle. Toutes deux l’ont conditionné, dès sa plus tendre enfance : il est issu d’une génération d’hommes lâches qui ont abandonné femmes et enfants, de faibles qui se noient dans l’alcool, des ratés qui ont fini clochards à Bordeaux ou à Lisbonne. « Des hommes de ma famille, je ne connais que les légendes, les fables contradictoires et nerveuses, les histoires d’abandon, d’alcoolisme, les tragédies et les malédictions. Des histoires trop tranchées pour être honnêtes. » Aussi, lorsque sa compagne lui parle de son désir d’enfant, David décide d’écrire l’histoire de son père inconnu et de partir à sa recherche. Il fuit le présent pour trouver son passé. Son voyage l’entraîne de Buchenwald à Lisbonne, en passant par Bordeaux. Il erre dans les ruelles de la capitale lusitanienne, de verre d’alcool en verre d’alcool, pour exorciser ses démons. « Chacun a le destin qu’il mérite », tente de se persuader le héros. Eric Pessan termine d’ailleurs son roman par une phrase d’Henri Michaux « Tu es contagieux à toi-même, souviens-t-en. Ne laisse pas « toi » te gagner ». Un petit mot sur l’auteur. Eric Pessan est né en 1970 à Bordeaux. Romancier, il a également écrit des fictions radiophoniques, des textes de théâtre, ainsi que des textes en compagnie de plasticiens.