© A. Mébarki

Depuis plus de quinze ans, Adeline et Jean-Philippe Trungel déploient leur sens de la convivialité et des choses simples mais bonnes au Kristal Palace. Incontournable, ce restaurant messin s’avère à leur image : chaleureux.

Il faudrait pouvoir actionner la machine à remonter le temps pour se rendre compte de ce qu’était réellement le bâtiment qui, au 3 rue Gambetta, abrite le Kristal Palace. Aujourd’hui, les Messins s’y pressent pour déjeuner et pour dîner, bien sûr, mais aussi pour une certaine idée du contact et de la fête. Mais à quelques pas de la gare monumentale voulue par Guillaume II, en vis-à-vis de l’une des façades de l’exubérant ancien hôtel des arts et métiers, l’annexion allemande avait enfanté ici d’un établissement thermal, avec piscine au dernier étage, des bains, des salles de restaurant, le premier cinéma avec gradins inclinés, quelques alcôves aussi, au cas où, et partout des mosaïques ostentatoires et de généreux panneaux de cristal aujourd’hui disparus, mais qui ont donné son nom au restaurant ouvert au début des années 2000 par Adeline et Jean-Philippe Trungel.

Car si, au début du siècle dernier, le jouet de l’occupant n’a pas duré plus que quelques mois, coulant corps et biens à quelques encablures de la Première Guerre mondiale, cent dix ans plus tard l’affaire d’Adeline et de Jean-Philippe perdure : elle a même résisté non pas à un conflit armé, mais aux travaux d’aménagement de Mettis qui ont un temps déstabilisé ce trait d’union entre le berceau de la ville et son quartier gare ; une artère aujourd’hui redevenue passante, animée, carrément branchée. « Il leur fallait parfois enjamber de véritables tranchées pour arriver jusqu’à nous, mais nos clients nous sont restés fidèles », se félicite Adeline avec une expression de reconnaissance dans la voix.

Commerces et bureaux du quartier assurent, à l’heure du déjeuner, une affluence régulière, « jusqu’à 120 couverts maxi et plutôt 80 en moyenne », indique la patronne. Sans compter que la proximité du siège régional de la BPALC, rue Charlemagne, et l’arrivée imminente des fonctionnaires de l’INSEE, place du Roi George, « nous permettent un gros potentiel. » Léger changement de décor en soirée : un peu plus intimiste en semaine, puis carrément festif le vendredi et le samedi où, en décembre, le Kristal s’attend à servir jusqu’à 140 personnes ! Le week-end, ici, c’est repas en musique, immuablement, avec Catherine Antoine, chanteuse et pianiste qui ouvre la soirée avec un répertoire français puis invite à la prolonger en permettant aux clients qui le veulent de danser. Ce credo de la convivialité, c’est un peu la marque de fabrique du Kristal : « Nous avons fait danser les parents, et aujourd’hui leurs enfants ! Cette formule, nous l’appliquons depuis 1996, d’abord au Troquet, rue Lafayette, puis ensuite ici depuis seize ans. Nous ne sommes pas restaurateurs de métier, Jean-Philippe dirigeait une grande surface dans la Meuse, moi j’avais tenu un magasin de cadeaux, mais nous aimions recevoir beaucoup de monde à la maison le week-end et c’est de là qu’est venue l’idée. Mais pour l’appliquer dans une ville de bonne taille, nous avons quitté Bar-le-Duc pour Metz. »

En petits comités ou en groupes, entre amis ou en famille, les Messins se pressent au Kristal, pour l’ambiance bien sûr, mais aussi parce qu’ils sont certains d’y trouver de bonnes choses également dans les assiettes, sans faute de goût, une carte constante, et des vins inédits et sincères pour faire glisser. « Cuisine française traditionnelle, sans prétention gastronomique », résume la maîtresse des lieux. La cuisine, c’est depuis 6 ans l’affaire de Laurent Hoffmann, à la tête d’une brigade de 4 personnes. « Notre chef est un véritable passionné, qui prend beaucoup de plaisir ici. Nous ne travaillons qu’avec des produits frais, explique Adeline Trungel, et locaux de préférence. Le bœuf vient d’élevages lorrains, et la ferme de Neufchef nous fournit en volaille, agneau, œufs, fromages, légumes… Quant au cochon, il provient de chez Ospital, au Pays Basque, appellation porc noir de Bigorre. » Autant de valeurs sûres qui donnent des plats appréciés, à partir de 10 euros le midi pour le très couru plat du jour (ne pas venir après 13 h pour être certain d’en bénéficier !), et des menus très complets à partir de 20 euros (entrée, plat ou plat, dessert) ou 25 euros (entrée, plat, dessert). Terrine du jour ou croustillants de chèvre chaud au miel, faux-filet de bœuf ou pavé de saumon, saumon fumé sur place, carré d’agneau au thym, poêlée de Saint-Jacques ou bien, simples omelettes, pâtes, salades : au Kristal, les gourmets sont à la noce, tout comme les travailleurs ou les touristes pressés qui veulent manger sur le pouce… Et, chaque jour, de nouvelles suggestions apparaissent à l’ardoise, au gré des saisons et du marché.

Depuis 5 ans, juste à côté du restaurant, les Trungel ont ouvert une épicerie où s’approvisionner sur les conseils avisés de Maxime François en vins naturels, biodynamiques ou bios, en bières artisanales et autres produits irrésistibles, comme l’huile d’olive de la maison Alziari à Nice ou les fromages jurassiens du pré Verdot. Appétissant et réjouissant, à l’image du Kristal !

Restaurant Le Kristal Palace
3 Rue Gambetta à Metz
www.kristal-palace.fr / Tél. 03 87 62 19 44
Ouvert tous les jours, midi et soir, sauf le dimanche et le samedi midi