Entre l’humour et la légèreté du Comte Ory de Rossini et la délirante comédie musicale Frankenstein Junior de Mel Brooks, l’Opéra-théâtre de Metz Métropole nous offre un mois d’octobre idéal pour lutter contre la morosité.

À presque deux siècles d’écart, l’opéra créé en 1828 par Gioachino Rossini et le spectacle musical que Mel Brooks a adapté en 2007 (d’après son propre film réalisé en 1974) sont tous deux des créations populaires ayant remporté l’adhésion du public. Le Comte Ory fut l’un des plus grand succès de l’Opéra de Paris, où il fut joué sans discontinuer de 1828 à 1884 ; quant à Frankenstein junior, il fut d’abord présenté à Broadway avant de partir pour une grande tournée.

Le Comte Ory est une œuvre singulière : il fut l’une des rares œuvres comiques données sur la scène de l’Opéra de Paris. Si son un acte I est une adaptation du Voyage à Reims écrit en 1825 par Rossini, celui-ci composa un acte II entièrement en français pour donner naissance à cette nouvelle création : une première pour le maître italien, qui livre un spectacle d’esprit français immédiatement adopté par les parisiens. Celui-ci y met en scène le comte Ory, seigneur aventurier et sensuel, tentant la conquête du cœur de Dame Ragonde ; par divers stratagèmes et travestissements, il devra parvenir à ses fins avant le retour imminent des croisés. S’appuyant sur des situations dignes d’un vaudeville, Le Comte Ory nous offre des personnages hauts en couleurs, ses héros Ory et Isolier multipliant les déguisements ; la costumière Giovanna Fiorentini a notamment créé pour l’occasion un seigneur galant aux allures « d’ermite rockstar »… sur une mise en scène de Sylvie Laligne, sa partition, jubilatoire, sera interprétée par l’Orchestre National de Metz et le Chœur de l’Opéra-théâtre de Metz Métropole sous la direction musicale de Corinna Niemeyer.

Direction un autre univers de fantaisie avec Frankenstein junior. La sortie du film en 1974 imposa son réalisateur Mel Brooks comme un génie comique du cinéma hollywoodien, dévoilant son amour pour les classiques de l’horreur des années 30, particulièrement ceux de la Hammer. Frankenstein junior met en scène l’arrière petit-fils du docteur Frankenstein de Mary Shelley, qui décide de créer un nouvel être humain. Mais évidemment, rien ne se passera comme prévu. « La comédie musicale de Mel Brooks, très proche de son film, est éminemment cinématographique de par le nombre impressionnant de tableaux proposés : une place de village en Transylvanie, une faculté de médecine aux États-Unis, un quai sur les rives de l’Hudson, une gare, une forêt, la bibliothèque, le laboratoire...» décrit le metteur en scène Paul-Émile Fourny. De nombreux décors mobiles font ainsi de la scène un véritable plateau de cinéma. Les costumes sont fidèles à l’esprit de la comédie musicale et des années 30, et une maquilleuse spécialisée en effets spéciaux est intervenue sur le spectacle. Quant au livret, il est marqué par des influences très jazzy, avec notamment un numéro de claquettes sur Puttin’ On the Ritz, fameux standard swing-foxtrot de 1927. « Pour la version française, Stéphane Laporte a fait un énorme travail afin de conserver cet esprit et ce rythme très anglo-saxons, fidèle au livret original » précise le metteur en scène. Faisant de nombreuses références au film et à son traitement parodique du mythe, le spectacle combine chant, danse et comédie. Le Chœur ainsi que le Ballet de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole s’associent à l’Ensemble Orchestral Halloween pour cet exercice de haut vol mêlant énergie et maîtrise. Selon Paul-Émile Fourny : « le « musical » nécessite un rythme à maintenir tout au long du spectacle, un challenge technique où tout doit être millimétré ! Avec Frankenstein Junior et sa distribution pétillante, nous souhaitons entraîner le public dans un tourbillon de chant et de danse, au service de l’humour et du plaisir. »

Le Comte Ory, Les 1er, 3 et 5 octobre

Frankenstein Junior, du 28 au 31 octobre 

(pour une soirée Halloween où le public est invité à venir déguisé)

www.opera.metzmetropole.fr