La race des orphelins est un roman qui traite de l’absence de racines, d’identité. « J’ai longtemps rêvé que l’histoire de ma naissance exhibe ses entrailles. Quelle que soit l’odeur qui en surgisse. La pire des puanteurs, c’est le silence. Je m’appelle Hildegard Müller. Ceci est mon journal ». Hildegard Müller a 76 ans. Avant de mourir, elle a besoin de dire à ses enfants d’où ils viennent, même s’ils viennent de nulle part. Elle sait à peine lire et écrire. Un homme est engagé pour écrire son journal, une vie irracontable et pourtant vraie. Hildegard Müller est l’un de ces milliers d’enfants de SS qui ont été choisis pour incarner et développer la race supérieure, pour redonner à la « race » allemande sa supposée pureté originelle. Entre 1935 et 1945, les nazis ont créé un ensemble de foyers, de maternités et de crèches, y compris en France et au Luxembourg, afin de permettre la reproduction d’une race blanche, blonde aux yeux bleus. C’est le projet « Lebensborn » (« fontaine de vie ») dont Heinrich Himmler était à l’initiative. La guerre terminée ces enfants sont devenus des « indésirables ». « Je devais être la gloire de l’humanité. J’en suis la lie », souligne Hildegard. Avec cet ouvrage, Oscar Lalo poursuit son hommage à la mémoire gênante, ignorée, insultée parfois, toujours inaccessible. Il nous plonge ici dans la solitude et la clandestinité d’un des secrets les mieux gardés de la Seconde Guerre mondiale. C’est le deuxième livre d’Oscar Lalo, après Les contes défaits (Ed. Belfond). Oscar Lalo a passé sa vie à écrire : des plaidoiries, des cours de droit, des chansons, des scenarii, puis des livres. Il est aujourd’hui, écrivain.

La race des orphelins  par Oscar Lalo, éd. Belfond