Ça chauffe entre Ankara et Vienne. L’Autriche ne veut pas de la Turquie dans l’UE et l’a fait savoir. Évidemment, la Turquie n’a pas manqué de réagir.

L’Autriche a fait savoir qu’elle s’opposera à une entrée de la Turquie dans l’Union Européenne. C’est en tout cas ce qu’a annoncé, courant août, le chancelier autrichien, Christian Kern, qui prend pour prétexte les excès de la « purge » orchestrée par Erdogan suite au coup d’État manqué, au mois de juillet dernier, pour justifier sa position. Un prétexte qui vient s’ajouter à une liste d’autres actions et décisions (rétablissement de la peine de mort, par exemple), confirmant, aux yeux de l’Autriche, que les normes démocratiques turques sont insuffisantes. Cela dit, pas question non plus de se montrer trop véhément car la Turquie est aussi un partenaire de l’UE en ce qui concerne la crise des migrants. La Turquie ne se démène pas gracieusement. Au registre des contreparties négociées, figure d’ailleurs un petit coup d’accélérateur pour que les négociations liées à l’adhésion à l’UE, avancent.

Ankara n’a pas manqué de réagir en menaçant, une fois encore, de mettre un terme à l’accord conclu avec les 28, en mars dernier. Mais pas uniquement. « Le chancelier autrichien devrait d’abord observer son propre pays. L’une des tendances ennemies des droits de l’homme et des valeurs, c’est le racisme », a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu dans une interview avec une chaîne de télévision turque (source RFI). Et Vienne de réagir en invitant son interlocuteur à modérer ses propos. Bref, ça chauffe. On sait également que d’autres pays de l’UE (Allemagne, Chypre…) sont contre l’adhésion de la Turquie. Mais elle a aussi ses « défenseurs » ou en tout cas des « oreilles attentives ». Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a notamment déclaré qu’abandonner les négociations d’adhésion avec la Turquie serait « une grave erreur ». Il est vrai qu’après des dizaines d’années de négociations, cela pourrait créer comme un manque.