Générations différentes, langage commun : l’accordéoniste Vincent Peirani et Michel Portal, clarinettiste et homme de musique légendaire, offriront au public du JazzPote Festival un dialogue animé par le goût de l’éclectisme, la complicité et le plaisir d’être ensemble.

portal-peirani (©Bernard Delfraissy)La rencontre a lieu pour la première fois un peu avant 2010, à l’occasion d’une collaboration pour une musique de film. Michel Portal décide ensuite d’inviter Vincent Peirani et son trio dans le cadre d’une Carte blanche offerte par le festival Vague de Jazz à Longeville-sur-mer en 2010. « J’ai pu inviter diverses formations, surtout des jeunes que je voulais voir sur scène, raconte Michel Portal. Le jazz est fait pour les voyages et les rencontres, sinon, à quoi bon ? » Les musiciens apparaîtront pour la première fois en duo deux ans plus tard à l’Europa jazz du Mans. Passée l’émotion première de jouer aux côtés d’un musicien au parcours impressionnant, pionnier du free jazz en France, Vincent Peirani retrouve Michel Portal avec aisance : une culture commune, à la fois classique, contemporaine et populaire, déclenche un feeling immédiat. « Il n’y a eu entre nous aucune relation du type « le sage et le jeune fou », bien qu’il est une sorte de héros de la musique pour moi, explique Vincent Peirani. Michel désamorce tout de suite cela : ne restent que deux musiciens qui dialoguent ».

Pour son album Thrill box, l’accordéoniste invite le clarinettiste et lui écrit deux morceaux, dont Trois temps pour Michel P . Il choisit comme point de départ la musique de danse, une autre référence commune, pour cette valse déglinguée, parsemée d’accidents. « Là où des puristes peuvent être en décalage, avec Vincent il n’y a jamais de problème, lâche Michel Portal. On prend soin l’un de l’autre, on est dans la compréhension, la communication… et ça donne de la bonne musique ». Michel Portal joue également du bandonéon, avec lequel il aime« Il n’y a eu entre nous aucune relation du type « le sage et le jeune fou ». conclure ses concerts, et entretient un profond attachement à ces instruments inscrits dans la culture populaire, encore mal acceptés dans le jazz : « il est peut-être un peu malmené dans le jazz, mais l’accordéon traverse quand même le temps de manière diabolique ! C’est très complet : des gens comme Vincent peuvent jouer de la musette comme du Rachmaninov ». Vincent Peirani, évoquant l’image un peu « ringarde » de l’instrument, y trouve un aspect positif : cela lui a permis de ne jamais sombrer dans l’oubli. Selon lui, il n’y a pas de mauvais instruments, seulement de mauvais musiciens : « C’est aux musiciens de trouver les chemins pour s’exprimer. On a même écrit que l’accordéon était un instrument anti-jazz, mais les mentalités évoluent ».

Entre Portal et Peirani, c’est la musique qui fait tout le boulot, de la manière la plus simple mais aussi la plus risquée : en duo. La maîtrise des deux musiciens et leur complicité devraient assurer le succès de ce rendez-vous à la fois grandiose et intimiste, à ne pas manquer. 

Jeudi 2 juillet 

11ème édition du JAZZPOTE FESTIVAL – THÉÂTRE EN BOIS À THIONVILLE