En indiquant qu’il est contre l’introduction de la Charte Européenne des Langues régionales et minoritaires dans la Constitution, comme le souhaite le chef de l’État, le candidat PS aux régionales, Jean-Pierre Masseret, s’est attiré les foudres des régionalistes lorrains et alsaciens.
Jean-Pierre Masseret est contre la ratification de la charte européenne des Langues réginales et minoritaires dans la Constitution (©-Mensuel-L'Estrade)

Jean-Pierre Masseret est contre la ratification de la Charte européenne des Langues régionales et minoritaires dans la Constitution (© Mensuel L’Estrade)

« Dans une tribune véritablement poussiéreuse aux allures de pamphlet, publiée le 13 août sur sa page Facebook, Jean-Pierre Masseret, président sortant de la région Lorraine, s’en prend avec virulence aux langues régionales, déconseillant notamment au Gouvernement de ratifier la Charte Européenne des Langues Régionales et Minoritaires. », écrit, sur son site internet, le collectif Unser Land qui condamne les propos de Masseret « tête de file du Parti Socialiste aux prochaines élections régionales ». Comme le laisse supposer son nom, Unser Land (Notre pays) est un parti régionaliste alsacien. En campagne pour les régionales, il profite d’ailleurs de sa colère contre Masseret pour dénoncer, aussi, le Parti Socialiste qui « avec la complicité des Républicains et le soutien du Front National, souhaite désormais en finir avec notre langue et notre culture », écrit Jean-Georges Trouillet, le vice-président et porte-parole de Unser Land. Les propos de Masseret, qui n’est pas contre les langues régionales mais dit en substance qu’en matière de protection de la diversité linguistique « le mieux est l’ennemi du bien », ont également fait réagir les régionalistes lorrains, totalement opposés à l’Acal (région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine) ou « Région Grand Est Europe ». Le Parti Lorrain et le 57-Le Parti des Mosellans qui ont choisi de s’unir dans le cadre des régionales, ont également dénoncé des déclarations scandaleuses qui « sont inacceptables et intolérables pour les locuteurs de nos langues régionales, les travailleurs frontaliers et l’ensemble de nos partenaires allemands, luxembourgeois et belges ». Pour une majorité des Messins et des Nancéiens, les langues régionales ne figurent peut-être pas au registre des priorités mais le sujet n’est pas pour autant à prendre à la légère car c’est une vraie préoccupation dans certains territoires de la Moselle et en Alsace. L’Alsacien est parlé par plus de 700 000 personnes. Le Modem tout comme Les Républicains ou le FN n’ont d’ailleurs pas manqué depuis, de préciser leur pensée sur la question de la ratification. Nathalie Griesbeck (Modem) et Philippe Richert (Les Républicains) sont pour, Florian Philippot (FN) est contre.