Figure de la musique traditionnelle écossaise, Calum Stewart est l’une des têtes d’affiche de cette seconde édition du Yutz Summer Fest, consacré aux musiques celtiques. Son album Tales from the north est une invitation à parcourir légendes et paysages des Highlands.

Né à Moray, dans le nord de l’Écosse, Calum Stewart s’est naturellement imprégné pendant toute sa jeunesse des histoires et de la tradition musicale de son pays. « À la maison, dans mon village, pendant les bals, la musique était partout » raconte-t-il. Influencé par les traditions écossaises mais aussi irlandaises et bretonnes (le musicien vit dans le Morbihan depuis 2008), il joue du low whistle, une flûte irlandaise, et du Uilleann pipes, la cornemuse irlandaise, permettant un jeu à la fois très dynamique et lyrique. Calum joue aux côtés de Heikki Bourgault ou Lauren McColl ainsi qu’avec les groupes Mànran ou Mabon, et est régulièrement sollicité par le London Philharmonic Orchestra ou le London Symphony Orchestra. En 2018, il remporte le titre d’instrumentiste de l’année aux Scots Trad Music awards.

En 2017 sort son second album solo, Tales from the north, renfermant essentiellement des compositions personnelles. « C’est le produit d’années de réflexion et d’écriture autour de toutes les histoires, légendes et paysages de mon pays qui vivent en moi, explique-t-il. C’est un pur album de musique écossaise avec lequel je souhaite faire voyager l’auditeur. » On part à la rencontre d’un guerrier en fuite, sur les traces du yéti local, on découvre la légende de la cloche de Ardclach ou de la pierre de Sueno au fil d’un album tantôt épique, délicat, inspirant, revigorant. Accompagné par le sistre, le bouzouki ou la contrebasse, Calum Stewart le conteur parvient à nous communiquer toute la puissance du folklore écossais par la seule force des instruments. « Transmettre une histoire est la nature de la musique traditionnelle, remarque-t-il. Tales from the north fut un projet de longue haleine, dans lequel j’ai mis tout mon cœur. »


Alien celtique

Green Lads © DR

Green Lads © DR

À l’image du rock de Celkilt (voir sur cette page), Green Lads se réapproprie les codes de la musique celtique afin d’y ajouter une composante électro ; à moins que ce ne soit l’inverse. « Notre approche est totalement décomplexée, l’essentiel est de transmettre de l’énergie, du fun, de l’émotion plutôt que de penser à la tradition » explique Antoine, violoniste et compositeur du groupe, qui utilise samplers et contrôleurs pour modifier le son des instruments et créer des boucles : lors d’un concert de Green Lads, la musique ne s’arrête jamais. Aux rythmes traditionnels irlandais comme ceux des gigs et des reels s’ajoutent donc les sonorités électroniques d’instruments modifiés. « C’est beaucoup de travail d’ajouter la musique électronique au son des violons ou de la flûte, c’est tout le contraire d’une solution de facilité » poursuit Antoine, ingénieur de formation et amoureux de technologie.

Après un premier album éponyme, Green lads prépare la sortie imminente de son prochain album, baptisé Foam and lads. Une nouvelle violoniste et un joueur de whistle et de flûte traversière irlandais ont rejoint l’aventure, ouvrant de nouvelles possibilités et « une matière supplémentaire à bidouiller ». Ce nouvel opus reprendra quelques grands classiques comme Galway girl ou Rattlin bog mais surtout des compositions originales, avec une nouveauté : l’apparition de textes empruntant aussi bien à la culture irlandaise qu’au vécu et aux réflexions d’Antoine, qui assure aussi leur écriture. « Ce disque fait vraiment entrer le groupe dans une autre dimension… on va plus loin dans l’hybridation, on est plus ambitieux, tout cela avant tout pour investir la scène et faire danser le public ! ».


Se sentir debout !

Celkit © DR

Celkit © DR

Celkilt est le fruit des influences croisées de ses différents membres, tous originaires de la Loire : le batteur et le bassiste viennent du rock, la violoniste Ana du classique tandis que Yann, à la cornemuse, est issu de la pure tradition musicale écossaise. « Ces différences donnent quelque chose d’unique à Celkilt, une alchimie particulière » note Nicolas, le guitariste. Cette identité est essentiellement à chercher du côté d’une fusion entre musique celtique et rock, punk plus particulièrement, à l’image de formations comme Dropkick Murphys ou Flogging Molly. « Après la vague de musiciens plus traditionnels comme Tri Yann est arrivée en France une autre génération, avec ses propres références. Je pense qu’il y a une fougue, une urgence qui est commune au rock et à la musique celtique. »

Il y a de l’énergie à revendre dans les chansons de Celkilt, infatigable aussi bien en concert qu’en studio avec pas moins de six albums au compteur dont le dernier, Stand, opère un virage moins insouciant et plus conscient dans la musique du groupe. « C’est un album né après des moments assez difficiles vécus par les membres du groupe, il est forcément marqué par cela, précise Nicolas. On a besoin de sortir des choses, mais sans noirceur. » Une campagne de financement participatif va être lancé pour un septième opus prévu pour début 2020, dans le même esprit que son prédécesseur : distiller de la force, faire bouger les corps mais aussi les esprits pour mieux « se tenir debout ».


La belle errance

The Irish Dogs © DR

The Irish Dogs © DR

Les Lyonnais de The Irish dogs nous préviennent : ils distillent de la musique traditionnelle irlandaise « mais pas que » ! Ce groupe voyageur alterne entre des mélodies traditionnelles ré-arrangées et les compositions de ses quatre membres : Camille « tantôt violoniste de comptoir ou fiddle de bal », Sylvain, percussionniste et chanteur bercé par les musiques traditionnelles, Francis, guitariste qui apporte son goût pour la folk anglo-saxonne et son expérience jazz tout comme Benoît, contrebassiste sideman de nombreuses formations françaises de renom. The Irish dogs prépare actuellement un second album à la fois authentique et éclectique, tourné vers des horizons inédits pour nous conter « de nouvelles histoires de bandits, de sirènes, de mort, de vie et d’amour ».

 

 

 


Des kilomètres de chansons

Les Types à Pieds © DR

Les Types à Pieds © DR

Les Types à pieds parcourent le monde de la chanson francophone et ses  univers acoustiques « sans passeport » depuis 2014. Multi-instrumentistes influencés par les Ogres de Barback ou encore Mes Souliers sont rouges, les trois membres de ce groupe breton donnent de la voix et explorent la musique traditionnelle québecoise, la musique nord-africaine, la chanson pour enfants ou le « soviet electro-swing »… une démarche résolument sans frontières donc, géographiques ou esthétiques. Animés par une bonne humeur communicative, rassemblant des publics de tous âges, les Types à pied, par leurs textes, leur musique et leurs performances scéniques hautes en couleurs constituent des personnages à part entière de la chanson française.

 

 

 

 


Les pieds sur terre

Epsylon © Filarm Photos

Epsylon © Filarm Photos

Formation largement reconnue au sein de la scène rock celtique française, Epsylon a opéré un virage pop-rock avec son cinquième album, Astronaute. Tout en préservant des sonorités traditionnelles distillées par les flûtes, l’accordéon, la cornemuse ici au service d’un style nerveux voire épique, le groupe se taille un son plus imposant et agressif, appuyé par les guitares. Epsylon livre également de nouveaux textes engagés dénonçant les dérives de nos sociétés contemporaines. En cela il est fidèle à lui-même, « insoumis », abordant l’oppression, l’amour, les injustices en laissant toujours poindre des notes d’espoir. Revendicatif et accrocheur à la fois, Epsylon fait à nouveau avec Astronaute la démonstration de la diversité et de l’inspiration de la scène rock française tout entière.


Boîte à bonheur

The Groove Boys © DR

The Groove Boys © DR

Cinq copains, sonneurs de la Kevrenn Saint-Marc, un ensemble de musique bretonne (ou bagad), décidèrent un jour d’associer leurs bombardes, cornemuses et cuivres à une groovebox pour rejouer des tubes des années 80 à nos jours, piochés dans les dessins animés, le disco, la variété ou les musiques de films… parcourant les festivals bretons et l’Europe entière, les Groove boys transforment les scènes en karaokés géants où le plaisir et la rigolade sont les seules règles du jeu. Ils sortent en 2009 un album live, le bien-nommé C’est quoi ton machin ? puis plus récemment un double EP intitulé On entend rien ! . Les Groove boys peuvent réunir sur scène pas moins de quinze musiciens, pour une rencontre du troisième type propice à tous les déhanchements.

 

 

 


Questions à… Bruno Sapin, Maire de Yutz

Bruno Sapin © DR

Bruno Sapin © DR

Vous organisez la 2ème édition du Yutz Summer Fest’, pouvez-vous nous expliquer la genèse de ce festival ?

Nous avons souhaité revisiter la fête de la musique en proposant un évènement susceptible de rassembler toutes les générations et créer un nouveau temps fort de l’animation estivale.

Yutz dispose, en cœur de ville, d’un site idéal pour l’organisation d’une manifestation d’envergure en plein air et tout naturellement nous avons choisi d’organiser notre festival sur l’aéroparc qui s’étend sur 34 hectares et peut accueillir un large public. Notre festival est entièrement gratuit et propose, sur deux jours, des concerts, des animations, des ateliers, privilégiant des valeurs de partage, de rencontre et de découverte.

Ce festival prend ses racines dans quel genre musical ?

En 2018 nous avions retenu la thématique de la culture et des arts urbains, et le public a répondu présent ! Cette seconde édition s’articule autour de la musique pop-rock celtique. Nous accueillerons une cinquantaine de musiciens, pas moins de treize groupes, français mais aussi écossais et irlandais. Tous ces artistes ont en commun le goût de la fête et du partage. Nous associons également les talents locaux et proposerons aux plus jeunes une programmation et des animations qui leur seront entièrement dédiées.

De nombreuses surprises attendent les festivaliers dans une ambiance très festive mêlant les styles et les prestations musicales !


PROGRAMME

Samedi 22 juin

Scène Principale

15h – 16h30 : The Irish Dogs (France)

17h30 – 19h : Mànran (Écosse)

20h– 21h30 : Calum Stewart (Écosse)

22h30 – 00h : Epsylon (France)

Scène jeunes

14h – 15h : Groupe de l’École Municipale de Musique (Yutz)

16h – 16h50 : Captain parade (France)

17h15 – 17h45 : Enza Villa (Yutz)

18h15 – 18h45 : Chorale du collège Jean Mermoz (Yutz)

20h – 21h15 : Green Lads (Irlande)

22h – 22h45 : MB14 (France)

23h45 – 01h : Groove Boys (France)

Au bord de l’eau

20h30 – 21h : Les Types à pieds (France)

21h30 – 22h : The Irish Dogs (France)

22h30 – 23h : Mànran (Écosse)

23h30 – 00h : Calum Stewart (Écosse)

Kid’s Summer Fest’

À partir de 14h : Foot darts, démonstration de freestyle foot (Jordan Meunier),  maquillage Miss P’tit Grim’,

Parkour, atelier pompons, manèges…

19h – 20h : Les Types à pieds (France)

Dimanche 23 juin

Scène Principale

14h30 – 15h45 : Green Lads (Irlande)

17h – 18h30 : Celkilt (France)

Scène jeunes

14h30 – 15h30 : Captain parade (France)

16h30 – 17h : Les Types à pieds (France)

Kid’s Summer Fest’

14h30 – 18h : Rebels and Pipers (France)

Foot darts, démonstration de freestyle foot (Jordan Meunier),

maquillage Miss P’tit Grim’, Parkour, atelier pompons, manèges…

www.facebook.com/YutzSummerFest