Dans Et puis demain…, empli de nostalgie, de tendresse et d’humanisme, le chanteur et guitariste lorrain Louis Ville rend hommage à ses proches, à ses personnages et opère un retour sur lui-même.

Le mot ne lui convient pas tout à fait, l’inquiète peut-être un peu : « je n’aimerais pas qu’on m’écrive une chanson-hommage » glisse Louis Ville. Et puis demain… en compte pourtant quelques-unes, évoquant l’amour sous toutes ses formes, à commencer par celui qu’il porte à celle qui partage sa vie dans Qu’est-ce que tu me trouves ? qui ouvre ce mini-album de six titres. Suit L’Étoile dédié à son père, « un homme que j’ai découvert sur le tard, pour qui j’ai appris à éprouver un grand respect. La chanson ne parle pas de lui, plutôt de la route qu’il a suivi. » Fidèle à lui-même et à sa pudeur, Louis Ville aborde tout en poésie et en images ce qu’il a au cœur ; l’émotion n’en étant pas moins forte. « Bowie savait écrire des chansons simples et profondes à la fois : c’est vers cela que j’essaye toujours de tendre. » Avec La Fille du train, il dresse le portrait d’un personnage égaré profondément touchant, tandis que Je ne me souviens plus est la chanson des questionnements et des angoisses personnelles. L’album se clôt sur Raphaël, au rythme pianistique trépidant, référence à un ami cher et à une enfance heureuse : un titre instrumental, comme si les mots parfois étaient inutiles.

On retrouve l’écriture brûlante de Louis Ville, son blues écorché et sa voix unique, tantôt habitée, languide, impétueuse, nonchalante, sur un album habillé par les cordes peut-être plus méditatif et nostalgique qu’à l’accoutumée. « C’est une évolution naturelle, la volonté d’aborder mes chansons différemment, dans les thèmes, dans la musique, dans la façon dont je pose ma voix » indique-t-il. Sa sincérité, son engagement, sa plume acérée sont en tout cas toujours là : on est heureux de refaire un bout de chemin avec l’homme comme avec l’artiste.

Et puis demain…. chez Balandras.
En concert le 16 août à l’Entrepôt d’Arlon,
Le 28 septembre à la Souris verte d’Épinal
Le 29 novembre au Gueulard Plus de Nilvange.