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En Sarre, l’industrie de l’acier reste l’un des secteurs qui compte le plus de salariés. À elles seules, les deux plus grandes entreprises de ce domaine, la Dillinger Hütte et Saarstahl, font travailler près de 10 000 personnes. Pour cette filière essentielle à la survie de la Sarre, les nouveaux signaux émanant de Bruxelles et suggérant que la Chine pourrait bientôt être reconnue comme économie de marché sont une catastrophe. En effet, les Chinois inondent déjà le marché international de l’acier avec des prix défiant toute concurrence. Les représentants syndicaux sarrois estiment que l’ensemble de la filière est menacée car elle est attaquée sur plusieurs fronts. En effet, parallèlement aux exports chinois massifs, les nouveaux objectifs climatiques de la commission européenne qui prévoit de restreindre le commerce des droits d’émission pourraient être fatals aux aciéries. En effet, celles-ci ne seront certainement pas en mesure de diminuer leur production de dioxyde de carbone en-deçà du seuil déjà atteint actuellement. Pour la ministre sarroise de l’industrie, Anke Rehlinger, ces deux mesures venant de Bruxelles sont en contradiction. En effet, les technologies allemandes de l’acier sont parmi les plus avancées et les plus « propres » au monde, ce que l’on ne peut pas prétendre de la production chinoise. Le gouvernement régional sarrois a d’ores et déjà appelé à participer à la journée nationale de la défense de l’acier le 11 avril prochain au cours de laquelle, fait exceptionnel, patrons et employés défileront sous la même bannière.